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Témoignage stage P2 (médecine)


Tryptophane

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  • Tuteur

Ça y est il est là !! Tu m'avais parlé d'un témoignage très long, tu ne m'as pas menti ahah ! 

Tellement heureuse d'enfin pouvoir te lire 😄

 

Merci beaucoup du temps que ça a du te prendre de nous écrire ça ❤️

 

Ton témoignage est vraiment super ! j'adore la façon dont tu racontes ton expérience 

 

Je comprends tellement ta gène face à la proposition (maladroite ?) de Benoit. Va savoir il a justement fait ça pensant te détendre après ce début d'opération compliqué (C'est raté du coup). 

 

Je ne sais même pas ou tu as réussi à trouver l'énergie de répondre avec humour 😂 Bravo ! 

 

Enfin bref ! J'espère que durant ton stage de P2 on ne t'a pas proposé un morceau de poumon ?! 

 

Merci encore !!!! 

 

il y a 40 minutes, Jadilie a dit :

parce qu’apparemment Benoît fait des expérimentations lors de ses chirurgies plutôt que d’aller au plus simple

Par contre cette phrase fait si peur ! En fait Benoit est Victor Frankenstein

Edited by métacarposaure
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  • Ancien RM
Il y a 1 heure, Zeepek a dit :

je crois que perso j'aurais vraiment bouffé la glande de peur de contredire le chirurgien ^^

😂

Il y a 1 heure, métacarposaure a dit :

Par contre cette phrase fait si peur ! En fait Benoit est Victor Frankenstein

Haha en vrai comme t'as pu le lire il n'a rien fait de foufou dans l'opération que j'ai vue. Et si j'ai bien compris il fait des trucs plus compliqués, mais qui donne un bon résultat une fois que le patient s'en est remis. Ça ne veut pas dire qu'il fait n'importe quoi non plus. 

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Témoignage stage de maîtrise clinique

 

Salut à tous !

Je ne suis pas très active sur le forum de base mais cette page ayant été ma principale source de motivation quand j’étais en PACES, j’ai décidé de l’alimenter à mon tour avec un "petit" témoignage… J’espère qu’il vous aidera un peu à rester motivés pour tout défoncer au S2 (ou qu’au moins mes aventures de galérienne vous feront sourire) ❤️

 

Pour mon stage de maîtrise clinique, j’ai été affectée en neurologie à l’Hôpital Pierre Paul Riquet. Alors la neurologie, comment dire… Quelques semaines plus tôt, j’avais sorti à une pote (coucou @PaupauDeFleur) : “Imagine qu’on se retrouve dans un service où on a genre vraiment aucune connaissance… Je sais pas moi, comme la neuro par exemple”

Et quand j’ai vu les affectations, j’ai vraiment cru à une mauvaise blague. Parce que la neuro, c’est au programme de D1 et il paraît que c’est quand même un sacré truc. Et dans ce cas précis, j’avais même pas les connaissances de base en anatomie car on avait pas fait tout le programme l’année dernière (covid tmtc).

Bref, vous l’avez compris, je débarquais en touriste (moi qui espérais avoir l’air moins con qu’au stage infirmier… râté) Mais j’y suis allée de bon coeur et j’espérais quand même pouvoir tirer quelque chose de positif de ce stage car la neuro, ça avait l’air vraiment intéressant (je vous spoil déjà : c’était grave cool)

 

Le lundi, on est arrivés tout fiers avec nos blouses, nos stéthos et nos marteaux réflexes (accessoire in-dis-pen-sable en neuro) et le prof qui nous a accueillis nous a répartis dans les différents services. Avec ma co-stagiaire, on était en B8, qui se divisait en deux secteurs : B8A avec Parkinson et mouvements anormaux et B8B avec Épilepsie et pathologies cognitives

Donc on arrive dans le service, on se présente et on assiste à la transmission entre les infirmier.es et les médecins où ils font un point sur chaque patient, les entrées et les sorties de la journée, ce qui s’est passé pendant la nuit etc… (Sur la convocation ils nous demandaient de venir à 9h mais je vous conseille de venir un peu plus tôt pour assister à la transmission, c’est bien pour commencer à se familiariser avec les patients.)

A la fin, le chef de service vient nous voir et nous sort : “Bon vous avez bien écouté ? Pour mercredi vous me préparez chacune une présentation en 5 diapos d’un patient et de sa maladie.” 

Gloups, petit coup de stress. Je prie dans ma tête pour qu’il ait sorti ça comme ça et qu’il oublie (oui je suis trop naïve mdrr) 

On se sépare avec ma co-stagiaire, je vais en Parkinson et elle en Épilepsie. Toute la matinée je suis un externe super cool qui m’explique tout en détail. Dès qu’il y a une entrée, on va voir le patient en premier, il fait l’interrogatoire et l’examen clinique puis on y retourne avec l’interne qui recommence tout l’examen. C’est assez répétitif et je ne fais que de l’observation mais ça me permet de me familiariser un peu avec l’examen neurologique et les différentes pathologies (Parkinson majoritairement, mais aussi ataxie cérébelleuse, atrophie multisystématisée etc...) 

L’après midi, à peine rentrées de la pause, une interne nous emmène voir une ponction lombaire, ça consiste à piquer entre deux vertèbres lombaires (en général L4 et L5) pour prélever du LCR qui servira ensuite à faire des analyses.

A la fin, elle nous sort : “S’il y en a d’autres dans la semaine, peut-être que vous pourrez les faire vous même ?” 

Wow. J’étais un peu en panique mais sur le coup je me suis dit “booon, elle doit dire ça comme ça” (naïveté le retour)

On a aussi accompagné une externe faire un Mini Mental Test (MMS) ainsi que d’autres tests pour évaluer la cognition et la mémoire (le BREF, les 5 mots de Dubois, le test de l’horloge… vous pouvez les trouver sur internet si ça vous intéresse). On vérifie l’orientation spatio-temporelle et on demande au patient de retenir plusieurs mots, de faire du calcul mental, d’écrire une phrase, recopier un dessin, obéir à un ordre simple (“prenez cette feuille, pliez-là en deux et jetez là par terre”… à chaque fois les patients te regardent en mode mais qu’est ce qu’elle me raconte celle là) 

 

Le mardi, je vais passer beaucoup plus vite car il ne s’est pas passé grand-chose. Le matin, j’ai suivi la visite côté Parkinson avec la chef de service, les internes et les externes (donc autant vous dire qu’en tant que petit P2, tu es tout en bas de l’échelle sociale, tu rentres dans la chambre en dernier et t’as de la chance si t’arrives à voir un truc) Au début ça me gênait un peu qu’on soit aussi nombreux autour du patient mais j’imagine que c’est comme ça dans beaucoup de services… 

Bon je vais pas vous mentir, j’ai un peu servi à rien. Ma seule contribution a été avec un patient qui ne parlait qu’espagnol. Personne de l’équipe n’arrivait à communiquer avec lui alors je me suis lancée et telle une sauveuse j’ai proposé mon aide (faut bien essayer d’être utile...) 

Donc me voilà qui rentre dans la chambre pas du tout assurée avec mon accent de merde en mode : “hOla SeñOr, hAbLo un pOco EspAñOl” (bon au final j’ai pas réussi à lui tirer grand chose et j’ai oublié une des 4 questions qu’ils m’avaient demandé de poser mais passons 😅

L’après-midi je suis retournée voir une ponction lombaire et le reste du temps j’ai travaillé sur ma présentation (parce que non, ils n’avaient pas oublié ^^) J’avais choisi le cas d’une patiente atteinte de la maladie de Parkinson (merci à l’externe qui m’a aidé à faire un truc un peu potable, keur sur toi) 

 

Mercredi : la journée tant redoutée de la présentation. J’étais un peu stressée mais j’avais hâte d’en être débarrassée (parce que bon, je suis pas venue en stage pour faire des exposés mdrr) 

Alors comment vous représenter la chose… Disons que je m’attendais pas à devoir le faire devant l’équipe au complet à savoir le chef + tous les neurologues + tous les internes + tous les externes + jesaispasqui… Donc je me suis retrouvée pendant 15 minutes à dire de la merde à propos d’un sujet que je maîtrisais pas du tout, devant des gens dont c’était le métier, et à répondre “HeU jE sAis paS” à chacune de leurs questions (je voyais les regards compatissants des internes ptdrr) Bon au final ils étaient plutôt bienveillants et c’était dans la démarche de nous faire participer et apprendre donc j’en garde pas un mauvais souvenir.

Pour le reste de la matinée, j’ai suivi la visite avec tous les médecins, côté épilepsie cette fois. Donc nouveaux patients, nouvelles pathologies, c’était super enrichissant. Et en regardant toute l’équipe hésiter sur certains cas, réfléchir ensemble, débattre sur des hypothèses diagnostiques comme si c’était une enquête, jvous jure je me croyais dans une série (bon je comprenais même pas la moitié de ce qu’ils disaient mais breff) 

En plus ils cherchaient vraiment à nous inclure, en nous expliquant chaque imagerie, chaque EEG (électroencéphalogramme), en nous demandant d’aller faire des recherches sur certaines pathologies etc… On avait moins l’impression d’être des plantes vertes !

 

Quelques patients qui m’ont marquée :

-Un vieux monsieur qui avait fait plusieurs crises d’épilepsie temporales et à qui ils avaient repéré une “tâche” à l’IRM au niveau de l’hippocampe. Il se mettait à trembler dès qu’on lui parlait de biopsie ou de chirurgie en répétant “qu’il ne voulait pas qu’on lui ouvre le cerveau”. Il passait ses journées à se promener dans les couloirs et nous faisait de grands sourires dès qu’il nous voyait. (Il me semble qu’à la fin de la semaine il a fini par accepter la biopsie.) 

-Une vieille dame qui nous a dit très sérieusement que le premier truc qu’elle allait faire en sortant (et c’était in-dis-cu-table) ça serait boire une grande canette de Schweppes (oui pourquoi pas après tout) 

-Une jeune fille d’à peu près mon âge qui avait une encéphalite auto-immune…

Et plein d’autres...

 

Globalement c’était très varié et très intéressant mais assez dur émotionnellement… Que des patients avec des diagnostics assez lourds et qu’ils ne pouvaient pas vraiment soigner, beaucoup de personnes âgées plus très autonomes et qui pourtant souffraient d’isolement… Il y a tellement d’histoires qui m’ont touchée, certains patients se confiaient vraiment sur des choses très intimes et il fallait s’accrocher. Mais j’ai trouvé l’équipe très humaine et à l’écoute. Ils collaboraient beaucoup avec la psychiatrie donc on voyait plein de métiers très différents.

Pour continuer sur une note plus joyeuse, l’après-midi on a été beaucoup plus autonomes et c'était vraiment cool. On a fait plusieurs MMS, un ECG (bon quand l’interne m’a demandé de l'interpréter j’étais un peu en pls #RIPlespartiels) 

Et j’ai fait ma première entrée ! Ma co-stagiaire a fait l’interrogatoire et j’ai fait l’examen clinique, supervisées par une externe allemande qui finissait son Erasmus. La première fois t’es toujours un peu hésitant, pour être franche mon examen était vraiment nul mais faut bien se lancer ^^ 

A la fin elle me demande : “Tu connais les foyers d’auscultation ?” J’étais là “oui oui”... “Parce que t’as pas du tout ausculté au bon endroit…” Ah ben super x)

En tout cas petit conseil pour vos premiers examens : ne cachez pas au patient que vous débutez, en général ils sont contents de vous permettre de vous entraîner et vous posent pleins de questions sur vos études. Pour les rassurer dites-leur qu’un médecin passera les voir après, qu’ils n’aient pas l’impression que leur vie est entre vos mains (surtout quand vous venez d’ausculter n’importe comment)

 

Jeudi :  Sûrement une des meilleures journées !

Le matin, je suis retournée côté Parkinson. L’interne était vraiment super cool et restait toujours derrière avec moi pour m’expliquer chaque pathologie en s’assurant que je comprenne tout (big up à sa petite démonstration de la démarche parkinsonienne dans le couloir). 

A la fin de la visite, elle me sort : “Je dois aller faire une ponction lombaire, ça te dit de venir avec moi, comme ça tu peux la faire ? Si tu t’en sens capable bien sûr !”

Alors dans ma tête c’était un peu la panique du genre “aaah mais non je m’en sens pas capable tu crois quoi, j’ai jamais piqué de ma vie, même pas en SC et tu me demandes une PL” mais bon je me suis dit c’est trop con, c’est une occasion en or tu peux pas passer à côté donc j’étais là “heu oui oui merci”

Du coup je la suis, on retrouve une infirmière super sympa et on va voir le patient. Alors quand on est rentrées il tirait une tête je vous dit pas, il avait l’air super sérieux et il nous sort d’entrée qu’il n’en a jamais fait, qu’il paraît qu’une ponction lombaire ça fait super mal, blablabla… donc je vous laisse imaginer mon état de stress x) L’interne le rassure en mode vous inquiétez pas, on est des pros, des PL on en fait tous les jours dans le service etc… (Oups… vous voyez la gêne ? Voilà voilà) 

L’infirmière prépare tout le matériel, je commence la désinfection (rien qu’étaler la bétadine ça me semblait un truc de ouf), je prends mes repères : il faut mettre les mains à plat sur les crêtes iliaques puis à la réunion des deux pouces t’es pile entre L4 et L5 là où tu dois faire la ponction. Puis vient l’étape compliquée : mettre les gants stériles. Ça m'a pris un temps fou, assez frustrant quand tu vois qu’à côté l’interne y arrive en 2sec. Elle m’a vraiment guidé tout le long, elle a vérifié mes repères, m’a expliqué chaque geste donc j’étais beaucoup plus détendue. Et enfin il a fallu piquer : d’abord une première aiguille traverse la peau et les ligaments puis une autre s’insère à l’intérieur de la première et va jusqu’à l’espace sous arachnoïdien. Puis tu retires la 2ème aiguille et normalement t’as le LCR qui sort. NORMALEMENT. Parce que j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois, à chaque fois je butais contre l’os 😅 Mais bon le patient a été grave mims, il a rien dit sauf à un moment quand je déplaçais mon aiguille pour la énième fois : “Ah ben dis-donc vous ponctionnez beaucoup !” Heuuu alors comment dire j’ai pas encore commencé ^^

Au final victoire, j’ai réussi à avoir le LCR (l’interne m’a dit qu’il devait avoir de l’arthrose, c’était surement pour ça que c’était compliqué) et là commence l’étape laborieuse : recueillir le LCR. Il faut remplir une dizaine de tubes sauf que ça coule vraiment au goûte à goûte et comme t’es en stérile tu peux pas trop bouger donc t’es là à loucher sur tes tubes pendant un bon quart d’heure (si vous avez des lunettes faites pas comme moi, mettez-les)

Bref j’ai pas mal détaillé ce geste qui peut sembler anodin pour beaucoup mais j’étais vraiment contente de l’avoir fait (keur sur l’interne elle était vraiment adorable) et d’avoir dépassé mon appréhension. 

Donc s’il y a quelque chose que vous devez retenir de cette expérience c’est osez. Sortez de votre zone de confort, dépassez vos craintes. Si une occasion se présente, saisissez-là car il n’y en aura peut-être pas d’autres. Et je suis sûre que vous le regretterez pas. 

 

Vendredi : Dernière journée. 

Ils nous laissent de plus en plus d’autonomie. On retourne faire un MMS à un patient. D’ailleurs c’est étonnant comme parfois le score final est vraiment différent de ce qu’on imaginait. Par exemple, une vieille dame vraiment confuse qui ne se souvenait même plus avec qui elle habitait avait un résultat plutôt bon alors qu’un homme avec lequel on avait discuté sans problème pendant l’interrogatoire avait beaucoup de mal à répondre aux questions. 

Deux autres entrées l’après-midi. On y va avec ma co-stagiaire et notre chère externe qui en profite pour nous faire un petit rappel sur l’examen neuro (bon ça m’a pas empêchée de faire un truc très approximatif)

On commence par regarder la conscience et l’orientation. Ensuite il faut tester chaque paire crânienne (j’en oubliais toujours une), on regarde la sensibilité, la proprioception, la motricité, l’équilibre, la coordination, on teste les réflexes (bon je vais pas vous mentir, j’avais le rotulien à chaque fois mais les autres c’était pas trop ça) et j’en passe… 

Ensuite on rédige l’observation sur Orbis et on présente le cas à l’interne avant d’y retourner avec lui. J’étais vraiment contente d’avoir plus de responsabilités (même minimes) et le simple fait d’aller voir ton patient toi même et en partant de zéro d’arriver à recueillir des éléments importants c’est tellement gratifiant. 

Une patiente en particulier m’a marquée mais pas vraiment en bien. Elle arrivait contentionnée (donc attachée) après une nuit aux urgences, complètement déshydratée et dénutrie, ils l’avaient trouvée dans la rue après qu’elle ait fait une chute. Elle était vraiment dans un sale état, ses plaies n’étaient pas soignées etc... On a tenté un interrogatoire mais comme elle était vraiment confuse on arrivait pas à comprendre ce qui lui était arrivé. J’étais sous le choc de la voir dans cet état et l’interne était scandalisé de sa non prise en charge aux urgences. Mais il s’est montré très doux avec elle pour la mettre en confiance, il a vraiment pris son temps (et ça peut sembler anodin mais beaucoup ne le font pas !) 

Donc s’il y a bien un truc que je retiendrai de ce stage c’est l’humanité de l’équipe.

C’est pas évident quand on débute d’avoir les bons gestes ou de trouver les bons mots. On se sent souvent maladroit, on a peur de faire n’importe quoi. Mais je pense que ça s’apprend, comme le reste, l’essentiel c’est d’en avoir envie. Des fois en stage tu tombes sur des médecins super froids, mais parfois tu tombes sur des perles et tu te dis “C’est ça, c’est comme ça que je veux exercer la médecine plus tard”.

 

Je m’excuse pour ce témoignage un peu long (mais j’adore parler mdrr). J'ai pas forcément fait des trucs de ouf mais ce stage m’a énormément plu. J’ai beaucoup appris, en neuro déjà (et je partais de loin), mais c’était surtout enrichissant d’un point de vue humain : le contact avec le patient, le travail en équipe… 

Ce stage m’a personnellement remotivée car parfois, le nez plongé dans ses cours, on en oublie un peu le concret, pourquoi on se donne tout ce mal. Alors j’espère avoir réussi à vous transmettre un peu de cette motivation pour ce second semestre. 😊

Donnez-tout et quoi qu’il arrive soyez fiers de vous. Vous êtes de belles personnes et vous ne vous résumez pas à un chiffre sur une feuille.

Bon courage pour la suite ❤️

Orianne

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TÉMOIGNAGE STAGE DE MAÎTRISE CLINIQUE 


Bon alors commençons par l’introduction: j’étais dans le service de neuro vasculaire à PPR (Purpan). C’est vrai que j’avais peur de m’ennuyer pendant ce stage, car nous n’avons aucune connaissance de neuro que ça soit en anat (sauf les quelques souvenirs lointains de paces ... ) ou en sémiologie ( programme de D1 et pas de P2 ). J’avais regardé quelques fiches de stages qu’on nous avait donné histoire de connaître un minimum le vocabulaire (et mine de rien ça m’a un petit peu aidé pour comprendre certaines situations !) 

Voici donc le résumé de ma super semaine

 

Lundi: accueil par le chef de service et répartition dans les sous services de neuro. Le mien s’occupait des lésions vasculaires types AVC et des problèmes migraineux importants. J’arrive, je rencontre les internes et les externes (tous adorables, une équipe superbe 😍) puis nous partons faire les transmissions. Tout les matins c’était visite médicale dans les chambres, ce jour là j’étais avec l’externe, l’interne et le chef de clinique (c’est toujours intéressant de voir le chef de clinique pratiquer, on voit la grande étendue de ses connaissances, même si les internes en ont énormément aussi ^^ ). Le premier matin j’ai juste observé pour me familiariser avec la façon de faire les visites en neuro (ce qui est très intéressant car les patients ont des profils très différents en fonction de leur lésion, par exemple un AVC aura une répercussion somatique très différente en fonction du territoire cérébral qu’il touche). L’après midi, j’ai vu le début d’une ponction lombaire, mais elle fut un peu difficile à réaliser chez la patiente qui a été un peu dérangée de la présence d’étudiants, donc au bout de qqs minutes je suis partie avant le prélèvement du LCR ( mais pas de problème j’ai pu en voir d’autres ! ). Ensuite l’interne (trop adorable) a pris 1h30 de son temps pour nous apprendre à faire un examen neuro complet, cardio et pneumo, car il est toujours primordial d’écouter les bruits du cœur et les murmures vésiculaires -> (respiration) quelque soit le service! Et attention, si vous voulez faire un bon examen neuro, il faut savoir absolument ses paires crâniennes ( donc écoutez bien Mr Chaynes même si ce n’est pas chose facile) ☺️ A la fin de la journée j’étais super contente de sortir de mon stage en ayant appris un peu de sémiologie neuro ! 
 

Mardi: le matin c’était visite avec le chef senior de service (le médecin qui a 30 ou 40 ans de pratiques, qui connaît la neuro comme tu connais tes tables de multiplication, qui trouve les réflexes même sur une personne qui en a très peu, bref autrement dit le dieu du service), c’est toujours impressionnant de voir un senior faire et c’est à ce moment là qu’on se rend compte qu’on est des tout petits P2 🐣 😂. L’après midi, j’ai regardé 2 autres PL, contrairement à @orianne (t’es trop forte) je n’en ai pas fait, j’ai juste fait passer les tubes à l’externe pdt le prélèvement du LCR. Ensuite, l’interne nous a proposé avec ma co stagiaire d’aller faire une entrée. Nous y sommes donc allées avec l’externe et l’interne qui nous a dit « bon je suis fatiguée moi je vous regarde et je vous laisse faire » ( et croyez moi c’est tellement enrichissant d’avoir un/une interne qui vous supervise 😍), on a donc fait l’interrogatoire et l’examen neuro-cardio-pneumo, parfois aidées de l’externe lors de l’interrogatoire et de l’interne qui nous donnait des conseils. Ensuite on est allées taper le compte rendu de l’examen clinique sur l’ordi de l’externe ( ce moment ou c’est moi qui tapait et où j’ai écrit « dissymétrie faciale » au lieu de « dysmétrie » 😂 ) heureusement l’externe était derrière pour corriger mes fautes d’orthographe 😇 !
 

Mercredi: le matin visites, parfois je sortais mon stetoscope pour écouter cœur et poumons, puis un moment l’externe m’a demandé « tu as entendu l’insuffisance Mitrale ? Et le rétrécissement aortique ? » ( bon en P2 on connaît le théorique mais reconnaître les bruits en pratique c’est différent 🙃) en tout cas, cela permet de bien savoir faire une auscultation et de s’habituer à écouter les bruits! L’après midi, une autre PL et test d’hypotension orthostatique chez un jeune homme ( le test consiste à prendre la tension assis puis debout à plusieurs minutes d’intervalles pour voir si le patient n’a pas une chute de tension trop importante au lever) avec ECG ( c’est facile de le faire mais le lire est une autre histoire ☺️) . 
 

Jeudi: visites le matin, et l’après midi l’externe m’a dit «il y a une entrée qui arrive, tu y vas toute seule et tu me diras le compte rendu de ton interrogatoire ainsi que son examen cardio-pneumo !» gros coup de stress, car j’y suis vraiment allée seule sans ma co stagiaire, sans l’externe ni personne 😬 donc première entrée que j’ai faite comme une grande, malheureusement je n’ai pas pu faire un examen complet comme nous l’avait montré l’interne en amont car je devais quitter mon stage un peu plus tôt, mais j’étais super contente ! Moi qui suis de nature assez timide et stressée, j’avais très peur de ne pas être à l’aise en face du patient, mais je me suis moi même étonnée en réussissant à poser l’interrogatoire comme il fallait, ce fut super enrichissant pour moi ! 
 

Vendredi : visites le matin et l’après midi, petite prise de sang 🩸 qu’on s’est faite avec ma co stagiaire (on n’avait pas trop eu l’occasion de s’entraîner en stage infirmier dans nos services donc on en a profité ! 😂) puis nouvelle entrée avec ma co stagiaire, et là nous avons pu faire un examen complet sans l’aide de l’interne et de l’externe donc c’était trop bien ! L’externe qui devait partir plus tôt nous avait même laissé son ordi allumé pour qu’on puisse écrire toutes les deux le compte rendu comme de vraies externes 😂! Enfin mon stage s’est terminé sur une phrase de l’interne qui m’a particulièrement fait plaisir « c’était très bien les filles, continuez comme ça, travaillez bien et plus tard on se retrouvera peut être en garde! » 


Voilà, cœur sur les internes et externes qui m’ont énormément appris tout en étant patients et très pédagogues avec nous (pensée à l’externe qui en plus de ça m’a ré expliqué comment lire un ECG, qui m’a posé des questions de cours sur la P2 et qui m’a envoyé faire l’entrée toute seule), bref tout simplement merci à toutes ces personnes d’être humaines 🥰

 

Enfin petit mot a vous mes P1 qui lisez ce petit témoignage, sachez que moi aussi j’ai cru que je n’allais jamais en finir avec cette paces et moi aussi j’en avais vraiment assez de travailler ce concours absurde, mais une fois que vous aurez passé le cap vous ne regretterez rien! Ne lâchez rien, vous en êtes à la dernière ligne droite, vous êtes extrêmement courageux et vous allez y arriver ! ❤️
Je crois en vous à 100% 

Pauline 🌺 

 

 

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  • 8 months later...

Hellooo !

Alors, ça fait un moment que je vois ce sujet à l’abandon, alors qu’il était une de mes plus grandes sources de motivation l’année dernière. Du coup, je me suis dit que ça serait la période idéale pour y rajouter mes anecdotes de stage, en espérant que d’autres me suivront !

J’ai longtemps hésité à l’écrire, parce que je sais qu’il sera incomplet et absolument pas exhaustif (j’ai pas pris de notes, quelle erreur…). Du coup je l’ai fait, en one shot, je me suis pas relu, donc excusez les éventuelles fautes d’orthographe et de syntaxe svp

 

J’ai fait ma première semaine de stage en hépatologie à Rangueil, c’était cool, mais j’ai vraiment ADORÉ ma deuxième semaine, que j’ai faite en hématologie protégée à l’Oncopole.

Petit rappel au cas où : les stages de début de P2 à Toulouse vous sont attribués (pas de choix possible), il s’agit de 2x une semaine dans un service différent chaque semaine. Durant cette semaine, on suit un.e infirmier.e, pour se familiariser avec l’hopital et découvrir un peu les rôles de tout le monde.

Je vais vous raconter uniquement des anecdotes tirées de ma seconde semaine de stage, la première a été beaucoup moins marquante pour moi.

 

L’oncopole, c’est grand. Et j’ai galéré, mais alors GALÉRÉ à trouver l’entrée. Une fois l’entrée trouvée, il me restait encore à trouver le DAV (pour récupérer la tenue) et mon service. En gros, faites toujours du repérage ou prévoyez de venir avec de l’avance, sinon c’est le gros retard assuré. :’)

 

On était 3 P2 dans le service, on arrive ensemble et on rencontre la cadre qui nous dispatch chacun avec une infirmière. J’ai eu l’énooorme chance de tomber avec une infirmière absolument géniale.

 

Quand j’arrive, elle est entrain de préparer son tour, c’est à dire qu’elle regarde les fiches de chaque patient et les traitements à administrer, elle les prépare dans des petits plateaux, et ensuite elle les amène aux chambres. Elle m’a imprimé la même fiche de transmissions que les infirmières ont, c’est à dire un papier avec tous les noms des patients et les infos principales sur eux : âge, antécédents, raison de l’admission, autres détails,… Elle me laisse y jeter un œil et lui poser des questions. Le service d’hématologie protégée de l’oncopole est séparé en deux espaces : un pour les lymphomes et l’autre pour les leucémies. J’étais du côté lymphome. Elle profite d’être entrain de préparer les médicaments pour me montrer et m’expliquer les différents traitements. Elle essaie de m’interroger dessus, et je lui explique de suite que la pharmaco c’est probablement la matière qui me fait le plus galérer. Très compréhensive, elle m’a fait faire le tour des traitements, et elle m’expliquait plein de détails sur les différents traitements utilisés.

 

Du coup, je vais vous parler un peu plus des patients, et notamment de trois patientes qui m’ont particulièrement marqué.

 

La première, probablement une des premières patientes que j’ai vu en faisant le tour avec l’infirmière, est une patiente assez jeune, la 30aine je dirais. Une des choses que j’avais assez peu apprécié en hapétologie (ma première semaine), c’est qu’on avait très peu de contact avec les patients : la plupart étaient en très mauvais situation, plutôt dépendants, le relation soignant-patient était compliquée. En arrivant dans la chambre de cette patiente, qui recevait la visite d’un proche, j’ai découvert une jeune femme dynamique et souriante, bien que souffrant d’une maladie terrible. Elle rigolait du fait que l’infirmière se cognait toujours à la télévision de sa chambre (j’ai failli le faire aussi), et insistait pour qu’elle la déplace plutôt que de se cogner. À la différence des patients que j’ai vus en hépatologie, les patients d’hémato me paraissaient plus motivés à retrouver au plus vite une activité et une indépendance. Cette dame par exemple, demandait tous les jours à avoir accès au fauteuil (roulant) pour pouvoir se déplacer dans l’hopital. En bref, c’était une patiente qui m’a beaucoup inspirée, et que j’ai trouvée très agréable. En sortant de la pièce, l’infirmière me parle un peu plus des traitements qu’elle reçoit, notamment de la codéine (si je m’en souviens bien). En effet, cette patiente souffrait de douleurs dans les membres inférieurs pendant la nuit.

 

Petit aparté : les patients à l’oncopole ont droit à des goûters un peu exclusifs : du cola, des candy-ups, des mister-freeze,… Par contre, le thé est interdit, parce que le thé n’est jamais complètement stérile, et comme ce sont des patients très à risque, on évite de prendre un risque septique.

 

Parlons de la deuxième patiente qui m’a marqué. Cette fois, il s’agit d’une patiente âgée. Quand je la vois pour la première fois, elle recevait une visite de ses deux enfants (qui eux-mêmes avaient la 30/40aine). Je me présente, et on réalise les soins habituels (changement de perfs, de draps,…). L’infirmière commence à me dire quelque chose, s’arrête, et me dit qu’elle me le dira plus tard. Nous continuons donc les soins, on propose à la patiente de s’asseoir sur un fauteuil, puisque ça sera plus confortable pour elle pendant la visite de ses enfants. Elle accepte, on l’aide à s’installer, et une fois cela fait elle nous remercie longuement, vraiment elle était adorable. On avait fini, donc on la laisse avec sa famille. Nous allons voir quelques autres patients, et je finis par me rappeler de ce qu’avait dit l’infirmière, donc je lui redemande. Elle m’explique qu’il s’agit d’une patiente en soins palliatifs. La patiente est au courant, sa famille aussi, mais elle voulait quand même éviter de le redire devant elle. Le lendemain, une problématique à ce sujet ce posera : on découvre une infection bactérienne à la patiente, ce qui vaut normalement un changement de la sonde urinaire (qui a été prescrit par l’interne). De là, l’infirmière me dit qu’elle n’est pas vraiment d’accord avec ça (même si elle le fait quand même), et me pose la question : quel est l’intérêt de faire un soin invasif et très dérangeant comme celui là à une patiente qui est supposée être en soins palliatifs ?

 

Encore un aparté. En hématologie protégée, pour préserver une surpression dans les chambres, et une asepsie très rigoureuse, il y a un « sas » devant chaque chambre ! Ce sont deux portes battantes automatiques qu’on ouvre en passant la main devant un capteur (très dangereuses et imprévisibles d’ailleurs, on m’a raconté qu’une infirmière s’est cassé le nez dessus), les deux portes ne peuvent pas être ouvertes en même temps, du coup la chambre du patient n’est jamais en contact direct avec le couloir.

 

La troisième patiente que je voulais évoquer est une patiente que je n’aurai pas vu très longtemps. En effet, le jour de mon arrivée, nous avons reçu un bilan qui indiquait que cette patiente, récemment greffée, devrait retourner en greffe car la première n’avait pas été suffisante. L’infirmière passe dans la chambre pour lui dire, en lui demandant de commencer à préparer ses affaires (mais aussi en lui proposant de l’aide etc.). Nous repassons plus tard dans l’après-midi, après le goûter, pour transférer la patiente. Celle-ci a déjà préparé ses affaires et est entrain de manger une madeleine. En nous voyant rentrer, elle se lève, madeleine en bouche, et se prépare à partir. L’infirmière lui dis qu’on va la laisser finir sa madeleine et repasser plus tard, ce à quoi la patiente répond « Non, allons-y maintenant comme ça c’est fait ». Au fil de la discussion, on entrevoit une certaine appréhension de la part de la patiente. L’infirmière décide donc de s’asseoir sur le lit avec elle et de prendre quelques minutes pour lui parler. C’était un moment très dur ; la patiente nous explique qu’elle a peur d’y retourner, elle vit le service de greffe comme une prison. En effet, à l’entrée du service, on met toutes vos affaires dans un bac, et on fait le tri sur ce qui as « assez stérile » ou non pour rentrer dans le service. Toute la nourriture est stérile. C’est un service qui est vraiment à part, et on voit bien, à l’attitude de la patiente, que ce sont des conditions très dures pour eux. L’infirmière réussit à la réconforter un peu, et puis nous l’accompagnons jusqu’au service de greffe. Elle me confiera plus tard que pour elle aussi c’était très dur : quand on suit des patients sur une longue période, on finit par s’y attacher, et les voir en difficulté peut être très dur à supporter.

 

Une dernière aparté pour rajouter que au-delà de ces trois patientes, j’ai évidemment rencontré pleeein d’autres patients tout aussi géniaux et marquants les uns que les autres. Beaucoup me posaient des questions sur mon cursus, et m’encourageaient à continuer.

 

Pour terminer ce gros pavé, j’aimerais raconter deux parties un peu plus médicales que j’ai vécu dans ce stage.

 

La première, c’était avec l’interne et l’externe du service. Du coup, je les suivais parce qu’ils devaient réaliser une ponction lombaire. En gros, on plante une aiguille dans le dos du patient pour récolter du liquide cérébro-spinal, et on l’analyse pour voir ce qu’il y a dedans. Le geste se fait en « équipe », avec un médecin qui pique pour prélever, et un infirmier qui va récolter le liquide, qui tombe au goutte à goutte, dans de multiples tubes à essai.

 

La deuxième, c’est une mastectomie ! Avec mon trinome de stagiaires, on est descendu au bloc, et on a pu assister à l’ablation d’un sein (qui contenait une tumeur). C’était très minutieux : la chirurgienne découpait petit à petit le tissu de la poitrine de la patiente. On a pu toucher (avec des gants, évidemment), la tumeur sur le sein prélevé : on sent vraiment une masse solide dans la poitrine, comme un morceau de plastique dur sous la peau. Une fois l’opération finie, elle a aussi prélevé un « ganglion sentinelle », c’est à dire un des ganglions axillaires un peu excentré, qui est envoyé à l’analyse avec le sein, pour vérifier l’absence de métastase. Les résultats arrivent très vite : après confirmation du labo, il n’y a effectivement pas de métastase, ils peuvent donc suturer la patiente et terminer l’opération.

 

 

🦝 Et voilààà, je vois rien de plus à rajouter. Si vous avez des questions, hésitez pas à me DM, c’est avec plaisir ! 🦝

Bon courage à tous ! ❤️ Et si à n'importe quel moment vous sentez que ça va pas trop, ne restez pas seuls :tat:

 

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  • Membre du Bureau

Salut tout le monde !! 🤗

 

Bon l'initiative de @Sans-Visage est grave bien je trouve alors je vous rajoute mes petites anecdotes !! 😉

Bon du coup moi j'étais la première semaine à Rangueil en "HTA et exploration en cardiologie" et la seconde semaine en "maladies infectieuses et tropicales". 

 

La première semaine était un peu particulière parce que c'est un service qui ferme le weekend donc à partir du vendredi à midi tous les patients sont transférés dans d'autres services ou alors rentrent chez eux. Question de gestion financière de l'hôpital apparemment 🤷‍♀️.... 

Les patients sont souvent très autonomes dans ce service donc on (on était 4 P2) a pu discuter avec quelques patients qui étaient adorables et à chaque fois assez enthousiastes de nous parler et franchement ça rassure de ouf parce que perso j'avais peur qu'ils nous disent en gros "tchao bye vous êtes trop jeunes vous savez rien je veux pas vous voir 😅" et en fait PAS DU TOUT.

 

Qui dit cardio dit ECG donc forcément on a apprit à faire des ECG (le premier était loupé on va pas se le cacher) et franchement après t'arrives en cours de cardio tu te rends compte que les petites lignes que tu as tracé pendant ton stage c'est pas si simple à détailler !! Mais franchement c'était cool. 

Ne pouvant pas le faire sur les patients quand on avait des moment à rien faire on s'entrainait entre nous pour faire des prises de sang et une infirmière passait juste voir quand on le faisait pour nous conseiller et je vous avoue qu'on a l'impression d'avoir fait un truc de ouf !!! C'est hyper satisfaisant !!!

 

Là où on a eu de la chance c'est que l'interne de cardiologie du service était adorable et nous expliquait plein de choses. Quand il voyait qu'on faisait rien il nous prenait avec lui et si on lui demandait de le suivre il refusait jamais. Du coup on il nous a montré comment faire un écho en nous expliquant ce qu'il voyait à chaque fois, pourquoi il faisait ça, ce qu'avait le patient, etc. Bon évidemment il nous a posé quelques questions on a vu un peu double au début (avec le stress perso) mais c'était hyper bienveillant je trouve genre vraiment pour nous montrer que tout ce qu'on apprend c'est pas pour rien. 🙃 

 

Ensuite il devait en faire une seconde avec un autre patient mais il a été appelé par le chirurgien donc il nous a laissé seul avec le patient en nous disant "tenez prenez mon stétho et commencez sans moi". Autant vous dire qu'on a bégayé ++++ 😆. Mais le patient était juste extra !! C'était un papi qui avait l'habitude du et il nous a laissé passé un par un avec le stétho et avec la sonde échographe en nous disant à chaque fois "non mais allez-y hésitez pas il faut bien commencer à un moment où un autre" !! Vraiment incroyable !!! Je pense que j'oublierai jamais le premier patient sur qui j'aurais posé un stétho !! 🤗

Quand on a apprit sa sortie du service on est tous allé lui dire au revoir ... il était trop mim's !! 

 

On a aussi accompagné un autre patient faire une écho-doppler dans le service de médecine vasculaire et la prof (oui c'est vraiment notre prof de vasculaire !!) nous expliquait tout c'était trop ouf !! 

 

La deuxième semaine a été beaucoup plus enrichissante pour ma part, seul inconvénient je devais y être au plus tard à 6h30 😅. J'était au SMIT et j'ai été assignée au secteur vert (qui depuis 2ans est devenu le secteur des patients COVID). Il y a avait dans le service des maladies beaucoup plus "smit" et j'avoue que au début j'ai été un peu déçu d'être sur le secteur covid mais en fait les infirmières avec qui j'étais étaient adorables et les patients trop bien !! J'ai appris plein de choses !! 

 

Une patiente qui m'a particulièrement marqué est une dame dans la 50aine qui était là car elle avait une infection (pas cool comme infection vraiment) qui s'était mise sur ses lésions pulmonaires du COVID. L'infirmière du premier jour m'a expliqué tout son cas et en fait c'est une patiente qui était en réa et qui l'a très mal vécu. elle en est sortie traumatisée et de se retrouver de nouveau à l'hôpital la touchait particulièrement. En fait il y avait un gros travail psychologique à faire avec cette patiente e et infirmière me disait que sa prise en charge était assez particulière et qu'il fallait prendre tout particulièrement le temps avec elle !! Je vous avoue que j'ai eu beaucoup de mal quand je me suis retrouvée seule dans la chambre avec elle et qu'elle s'est mise à pleurer. J'ai essayé de trouver les bons mots et apparemment elle s'est apaisée après ... 

Cette patiente bénéficiait d'un ttt antibiotique très particulier en IV avec une méthode de préparation très complexe (d'après ce que disaient les infirmières qui se taquinaient à chaque fois en mode "ah c'est toi qui t'en occupes aujourd'hui bon courage !!!") 😂. Et en fait l'infirmière m'a dit "si t'es chaud je te montre et tu le fais avec moi !!". Vous verrez dans cette situation vous êtes TOUJOURS chaud pour essayer !!! 🤗 La patiente a même accepté que ce soit moi qui change sa perfusion !!!

 

Les autres jours j'étais avec une différente infirmière et souvent en fait avec des étudiantes infirmières en stage de validation de fin d'études et vraiment elles m'expliquaient plein de choses, me faisaient faire plein de choses c'était trop bien !! 

Elles m'imprimaient chaque matin la feuille de suivi qu'elles avaient et me laissaient leur poser toutes les questions que je voulais par rapport à ça donc vraiment enrichissant +++ !! 

 

Ensuite dans ce premier stage on doit aussi suivre les aide-soignants pour voir les toilettes, les lits, etc et là par contre j'étais toujours avec le même. Il était vraiment cool hyper de bonne humeur tout le temps même dès le matin tôt !! Il connaissait tout sur tous les patients et me montrait absolument tout même si il n'avait pas à le faire sur le moment !! 

 

Enfin bref je vais m'arrêter là parce que ça commence à être un peu beaucoup très long mais j'espère que ça pourra vous donner la motivation et le reboostage de moral dont vous avez besoin !! 

Croyez en vous !! Et hésitez pas à la moindre question, au moindre problème, etc. 🥰

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  • RM

Salut a toi jeune PASS/LAS ! 🙂 

Alors durant mon année de PASS, les témoignages de stages étaient une source EN OR d’inspiration et de motivation ! Alors je me dis pourquoi ne pas continuer la tradition 😉

Par contre, accroche-toi, ça risque d’être long !

 

Du coup pour mon stage infirmier, de deux semaines, j’ai été affectée :

- En Cardiologie à l’hôpital Rangeuil (le matin)

- Au SMIT (Service de Maladies Infectieuses et Tropicales) à l’hôpital Purpan (l’après-midi)

 

1ère semaine (Cardio)

 

    Mardi (1er jour)

Alors bien sûr, arrivée plus de 45min en avance, stressée et excitée comme jamais, je m’avance dans l’hôpital toute timide dans ma tenue blanche. Dans le service, une infirmière nous interpelle (mes deux co-stagières et moi), puis nous présente à l’équipe. Ils nous ont chacun mis seuls avec un membre différent, j’ai donc passé la matinée avec une infirmière très gentille ! Ce premier jour, je n’ai fait que de l’observation, mais ce fut tout de même une multitude de premières fois inoubliables ! Le premier patient (très jeune, très fébrile à cause de sa maladie de Crohn et se son endocardite) m’a énormément remuée je l’avoue, on réalise que ça y est, c’est à nous de s’occuper d’eux, de les soulager au mieux, et surtout on réalise la chance que l’on a d’être là, sains et en pleine forme dans les débuts de notre futur métier dont on a longtemps rêvé. Très vite, je me suis mise à poser une multitude de questions à l’infirmière, lui demandant la signification de termes, de m’expliquer les différentes étapes des différents soins : il ne faut surtout pas hésiter !! Ils comprennent que l’on est intéressés et s’investissent d’avantage à nos côtés en échange !!

Dans ce service on observe majoritairement des patients admis pour pose de stents, FOP (Foramen ovale perforé = communication entre les deux oreillettes), ou encore AIT = accident ischémique transitoire.

Les gestes infirmiers les plus courant sont la pose/entretien de cathéters, les ECG, les prises de sang, de glycémie (car beaucoup de diabétiques), les prises de constantes, ou encore les changements de pansements et la mise en place de perfusions, donc ça fait beaucoup d’un coup haha mais c’est vraiment riche et intéressant, on apprend chaque seconde !

Ce premier jour fut très intense en émotions, on est vraiment immergés dans l’équipe médicale et c’est juste G E N I A L (je suis ressortie comme un enfant sort de Disneyland haha)

 

     Mercredi : on est arrivées plus tôt (6h30) pour pouvoir voir les prises de sang, mais ce jour-là il y en avait peu, faites par l’équipe de nuit avant que l’on arrive… :,) 

Ce fut le premier jour ou l’on m’a laissée faire des gestes, d’abord aide-soignants: j’ai changé des draps, fait des lits, protégé des cathéters (pour que le patient puisse se doucher)… (au passage, l’AS était vraiiiment adorable, beaucoup trop gentille!!)

L’infirmier m’a aussi laissé faire plusieurs gestes : j’ai pris toutes les constantes, des glycémies (c’est d’ailleurs le patient lui-même qui m’a expliqué comment, ils connaissent bien mieux leur pathologie que nous, alors ne pas hésiter à échanger avec eux, leur demander conseil!!) , injecté ma première dose d’insuline (j’avais trop peur de faire mal à la dame qui fait ça tous les jours depuis des années haha). J’ai aussi réalisé des ECGs (placer les électrodes et les brancher toute seule), puis j’ai retiré mon 1er cathéter (la peau du monsieur était très très fine, c’était très impressionnant de tirer le pansement et le cathéter !!)  et enfin nettoyé plusieurs cathéters  (en gros on injecte du sérum physiologique dans le cathéter pour vérifier que les liquides passent bien, en plus de les nettoyer)

 

    Jeudi: Alors là, THE BEST matinée vraiment c’était ouf!!

Je suis arrivée à 5h45 (oui oui ce n’est pas une faute de frappe) au service : j’ai donc pu réaliser mes 4 premières prises de sang (aux côtés d’une infirmière a d o r a b l e) !! La toute première c‘était une dame âgée, et ses veines roulaient beaucoup donc évidemment je l’ai ratée haha (je me sentais super mal de venir charcuter cette pauvre dame trooop gentille à 5h50 du matin !!) mais les 3 autres se sont super bien déroulées !! J’ai aussi pu assister à la relève équipe de nuit vers équipe de jour, et c’était super enrichissant, ils parlaient de chaque patient un par un en disant toute leur histoire médicale et les instructions pour la journée. Là encore, n’hésitez pas à interrompre, poser des questions pour comprendre les termes, ce n’est que plus enrichissant !! Par la suite, la matinée s’est très bien déroulée, aux côtés d’un infirmier j’ai pu faire les mêmes gestes que cités les jours précédents, mais aussi assister à des changements de pansements après chirurgie, le retrait de points de sutures, installer ma première perfusion (là j’avoue j’étais méga stressée je craignais vraiment de faire n’importe quoi haha, mais finalement on souffle un bon coup, on se fait confiance et on y va). J’ai aussi beaucoup plus échangé avec les patients, leur faire la conversation, découvrir leur personnalité, leur vie en dehors de cet hôpital, c’était vraiment de chouettes moments que je garderai en mémoire !  Franchement en sortant j’étais super contente, j’avais l’impression d’avoir appris tellement de trucs trop bien !! J’avais déjà hâte au lendemain (vui même le levé à 4h50…)

 

    Vendredi : C’est le dernier jour en cardio, j’espère bien en profiter et en vrai je me rends compte que la semaine est passée à une vitesse folle !! J’ai suivi ce jour-là une infirmière super speed (j’avais plus de jambes à courir partout haha) mais super sympa. Ce jour-là j’ai repratiqué tous les gestes des jours précédents (j’ai raté une prise de sang d’ailleurs, en plus sur la même dame de la veille j’avais trop honte !! et du coup je l’ai refaite sur la main). J’ai aussi préparé (en plus d’installer) ma première perfusion toute seule, c’était un peu stressant mais on est content de l’avoir fait !  J’ai fait mes premières injections d’anticoagulants en fait c’est vraiment super simple ! Ce qui a vraiment changé ce jour-là c’est l’autonomie je dirais : on m’envoyait retirer les cathéters, changer les pansements ou même faire les ECGs toute seule dans la chambre sans surveillance, donc j’étais super contente de cette preuve de confiance ! D’ailleurs une interne super cool m’a expliqué (ou plutôt essayé haha) comment lire un ECG c’était super intéressant !! En discutant avec une aide-soignante, elle m’a proposé de l’aider un peu, j’ai accepté volontiers et je me suis retrouvée à aider des patientes alitées à uriner, à changer des draps souillés avec le patient dedans, j’ai même aidé un homme très frêle et âgé à prendre sa douche avant le bloc (j’étais dedans avec lui et le lavait au gant) toute seule en autonomie. J’étais très impressionnée au début mais on se rend vraiment compte à quel point le patient nous fait confiance et dépend de nous, c’est super impactant et émouvant je trouve, cette heure en aide-soignante m’a beaucoup impactée et fait grandir en un sens !

 

Bref, un stage en cardio très riche en émotions, vraiment c’était une semaine ou j’ai appris tellement de choses, sur le plan médical et technique bien sûr mais aussi et surtout humain. Il m’a vraiment confortée dans mon orientation et j’ai enfin pu me rendre compte à quoi avait vraiment servi tout cet investissement l’an dernier et j’avoue que c’est un pur bonheur d’enfin s’immerger dans cet environnement pourtant si particulier. ❤️ 

 

 

2ème semaine (SMIT)

 

Alors oui, le SMIT comme tu t’en doutes c’est un service TOTALEMENT différent du précédent, j’avais vraiment l’impression de recommencer à 0! Les patients, les soins, l’organisation, tout change et c’est hyper dépaysant !!

 

    Lundi: Le SMIT étant divisé en plusieurs secteurs, on a tourné avec mes co-stagiaires toute la semaine entre les secteurs;

J’étais dans le secteur un peu « divers », c’étaient des patients majoritairement atteints d’infections ou champignons/parasites. J’ai vraiment eu un choc par rapport à la cardio parce que si les patients étaient quasi autonomes et lucides là-bas, ce n’était pour la majorité pas du tout le cas ici. Il y avait des patients qui n’étaient plus lucides ou autonomes pour quoi que ce soit (manger, boire, les besoins…) et donc j’ai surtout beaucoup fait de gestes tels que les toilettes, changement de couches… J’ai quand même pu assister à tout le processus pour réaliser une transfusion sanguine de la récupération de la poche à la surveillance du patient qui la reçoit, j’ai donc pu voir tous les tests de compatibilité, les procédures administratives parce que en fait c’est vraiment super réglementé ! mais c’est super intéressant!! 🙂 

 

    Mardi : Ce jour-là j’ai été affectée au secteur « covid » haha donc je n’ai vu que des patients admis pour cela (dont un atteint en plus de paludisme). Ce jour-là ce fut surtout de la prise de constantes, vérifier la fréquence respiratoire et la température, installer des oxygénothérapies, mais les patients étaient beaucoup plus autonomes que le lundi, on pouvait discuter tranquillement et une dame ne faisait que poser des questions comment tout marchait autour d’elle, ou comment fonctionnait les cathéters, les seringues et tout du coup j’essayais de lui expliquer, ça m’entraînait d’après l’infirmière et c’était assez sympa !! Durant la pause, l’infirmière a bien pris le temps de me montrer et m’expliquer comment on utilisait les sets à pansements, les différents types de pansements, de seringues ou d’aiguilles et c’était hyper enrichissant, je comprenais par la suite vachement mieux pourquoi on utilisait tel matériel sur tel patient ! (Même si il y en avait beaucoup trop et je me suis très vite emmêlée haha) 

 

    Mercredi : Alors ce jour-là, beaucoup de monde dans le service, la cadre m’a donc proposé de changer et d’aller aux soins intensifs pour la journée ! Bien sûr une telle proposition ne se refuse pas haha donc j’ai foncé ! J’ai vu des patients très différents les uns des autres et l’infirmière et l’AS étaient suuuper gentilles ! Un patient m’a particulièrement touchée, c’était un monsieur qu’il avait fallu réanimer, or les chocs d’adrénaline ont provoqué la nécrose de ses extrémités.  Ainsi il avait fallu l’amputer des deux pieds, des doigts et du nez (il avait donc un trou au milieu du visage, on lui avait tout retiré avec la cloison nasale…). Cet homme est d’une gentillesse et d’une douceur absolument incroyable. On lui a changé tous les pansements et il ne s’est pas plaint une seule fois malgré que c’était visiblement douloureux (il fallait cureter la fibrine et tout ça, donc sur des plaies aussi récentes et importantes, même dans le nez c’est pas agréable), et très gentiment il me racontait son histoire et regardait tous nos gestes en essayant de comprendre. Ce monsieur m’a en effet beaucoup touchée. Après j’ai pu voir d’autres patients (mais j’en aurait pour trop longtemps à tous les décrire haha) et c’était juste super enrichissant humainement parlant !!

 

    Jeudi :  De retour au SMIT, j’ai pu faire le 3ème secteur du service. J’y ai repratiqué les soins infirmiers de base, et l’étudiante infirmière a pris de son temps pour bien me remontrer en salle de soins quelques gestes essentiels (préparations d’IV, désinfections…) donc ça m’a permis de prendre un peu plus confiance et j’ai pu poser mes 4 milliards de questions haha. J’ai pu essayer de poser un cathéter sur un patient, mais la manip a échoué haha, tout se déroulait bien mais je n’ai pas réussi à bien positionner le cath dans la veine. Je me sentais très mal car déjà et bien il a fallu tout recommencer (alors que ce n’est pas agréable pour le patient) et en plus lui avait l’air vraiment énervé que on ait laissé une étudiante le piquer ET le rater… C’était assez dur mais au moins j’ai réalisé que tout n’était pas toujours positif et que il fallait aussi savoir se construire une carapace pour faire face à des commentaires parfois un peu blessants, quelque chose sur quoi je sais que j’ai encore du travail à faire

 

    Vendredi : le stage s’achève, je suis de retour affecté au 1er secteur. Ce jour-là j’ai pu voir pleiiins de trucs intéressants c’était trop top ! Un interne m’a proposé de venir l’observer faire une ponction lombaire à une patiente très fragile atteinte d’un cancer : c’était vraiment impressionnant ! L’aiguille est vraiiiment longue et voir le Liquide Céphalo Rachidien sortir comme ça c’est juste incroyable ! La patiente a été très courageuse et malgré la douleur à continuer à papoter toute la procédure !

Plus tard, l’infirmière m’a proposé de préparer, tester, poser et surveiller moi-même une transfusion. J’avais trop peur de faire n’importe quoi (mal faire ou percer la poche t’imagines ?!) mais au final ça s’est super bien passé et le patient était juste super drôle et sympa !

Enfin, j’ai aidé l’infirmière a poser une sonde naso-gastrique à un patient qui n’était plus lucide. Ce moment m’a beaucoup marquée : le patient se débattait et pleurait, on essayait avec ma co-stagiaire de lui tenir les mains de le rassurer pendant que l’infirmière posait. On a dû recommencer au moins 3 fois et c’était vraiment dur de supporter la douleur du patient et continuer à lui poser cette sonde. Humainement parlant j’avoue ça m’a un peu secouée …

 

Voilà c’est fini pour ce petit (lol je rigole énorme) témoignage de stage. J’ai beaucoup grandi et appris, d’un point de vue médical et technique mais surtout humain et émotionnel. Toucher enfin au monde hospitalier et à la pratique te fais te rendre compte que le jeu en vaut la chandelle !!  La première année est vraiment un combat, mais ne perdez pas l’objectif de vue : devenir soignant, réaliser le métier de vos rêves! L’effort en vaut largement la peine, croyez-moi à la fin vous serez fiers de vous d’avoir tenu ❤️ 

 Courage à vous et ne lâchez rien ❤️

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  • 6 months later...

Bonjour à tous, aujourd'hui on va discuter stage, puisque le premier cycle est fini pour moi, donc je peux peut-être parler avec un peu plus de recul qu'avant sur les stages de P2/D1 vu que je les ai tous eus. 

 

La P2 : Le moment de tous les possibles, tu te sens trop chaud, tel un dieu arrivé sur Terre avec la mission de sauver le monde. Tu arrives à ton stage infirmier, et tu te rends compte à quel point tu ne sais rien : tu viens d'expérimenter l'effet Dunning-Kruger. 

 

Le stage infirmier :

Première semaine que j'ai réalisée en cardiogériatrie et médecine interne au pavillon Albarede à PPR. 

J'arrive, tout stressé, muni de.. Rien du tout sauf ma personne. Je rencontre tous les professionnels de santé, on me présente l'organisation du service, j'assiste aux transmissions, puis je suis une infirmière qui va voir comment les patients vont, et faire les soins.

On arrive devant la première chambre, je me sens stressé, je ne sais pas pourquoi, mais je le suis, peut-être que je m'attendais à faire un acte particulier, ou pas... Le stress de bien faire au fond. C'était un patient qui avait réalisé deux tentatives de suicide, et qui venait dans le service car il avait une anémie avec une Hb à 6g/dL... On l'a transfusé quelques jours plus tard, et au moment du contrôle prétransfusionnel ultime, son sang était transparent... C'était assez impressionnant.

Bref, on rentre dans la chambre, et je le vois, la mâchoire à moitié déboîtée, la peau sur les os, pâle, qui respirait avec un peu de difficulté, mais surtout, avec un grand vide et une grande tristesse dans son regard, qui, je pense, m'aura marqué à vie. J'aide, tant bien que mal, à faire les soins, prendre les constantes vitales, s'occuper du patient quoi. 

On continue la visite, et on s'occupe de tous les patients. On m'apprend comment on fait pour vérifier l'état du patient succinctement, et on m'explique certaines pathologies retrouvées chez les patients, puisque je ne comprenais strictement rien à la maladie des patients (retour à la réalité : apprendre les rudiments de la physiologie humaine ne te rend pas apte à comprendre la maladie d'un patient).

Parmi les patients qui m'ont marqué, et en dehors de ce monsieur qui aura donc été le tout premier patient dont je me suis occupé en tant que futur professionnel de santé, on peut en citer d'autres : 

-Un monsieur plutôt jeune pour un service de gériatrie (68 ans seulement) atteint d'une dégénérescence lobaire fronto-temporale droite. C'est une maladie neurodégénérative qui détruit les lobes frontal et temporal (à droite ici), engendrant une désinhibition en premier plan quand c'est le lobe frontal qui est atteint en premier (le cortex préfrontal est impliqué dans les comportements d'inhibition entre autres). C'était un patient gentil, mais assez bizarre ; lorsque je lui ai fait son test d'hypotension orthostatique dans son contexte de chute d'étiologie inexpliquée, et que je lui ai demandé ce qu'il comptait faire en rentrant, sa réponse était "me bran***"... Cela m'avait beaucoup étonné, mais il s'exprimait comme ça. Il était brut de décoffrage et c'était un peu ce qui lui donnait son charme au final, je l'aimais bien.

-Une madame un peu plus vieille atteinte d'une maladie d'Alzheimer, complètement démente, souffrant de douleurs incontrôlables. Je me souviens encore du jour où j'ai dû lui faire la piqûre de LOVENOX (enoxaparine, une héparine de bas poids moléculaire, c'est un anticoagulant), alors qu'elle gémissait de douleur dans son sommeil.

Ce stage, avec du recul, a vraiment bousculé ma perception de la médecine, de la maladie, et du rapport médecin-patient.

La grande leçon de mon stage : on traite un patient, pas une maladie. Vous verrez qu'avec les cours, on médicalise vachement les choses : un cancer, c'est ceci, c'est cela, patati et patata... Mais en fait, quand un patient vient vous voir car il a un cancer, ce n'est pas le cancer que l'on traite, c'est bien le patient, qui a peut être d'autres pathologies, qui ne va peut-être pas bien, qui est peut-être d'accord pour se faire traiter, ou pas... Ce qui rend la médecine géniale en fait, c'est le fait que chaque patient est différent, même si deux patients ont exactement la même pathologie. 

Surtout ne l'oubliez pas, c'est bien de savoir plein de choses et de traiter une maladie, c'est mieux de s'occuper du patient en le prenant en compte dans chaque action réalisée. 

 

Deuxième semaine de stage réalisée en cardiologie.

Même routine, on apprend comment le service s'organise, et on suit une infirmière. Cette semaine-là, j'apprends à faire des prises de sang (bon, voilà hein c'est pas glorieux au début on ne va pas se le cacher, mais si vous n'y arrivez pas, ne vous inquiètez pas ça vient un jour), et j'ai été introduit aux merveilleux... ECG !! Ce truc incompréhensible en début de P2 (même à la fin, no joke lisez des livres dessus, entraînez-vous, ne faîtes pas qu'avec les "cours" de la fac sinon vous courez droit dans le mur). 

Stage très intéressant, mais aucun patient ne m'a spécialement marqué.

Ce que j'en ai retenu : les patients diabétiques sont hyper-gentils, ou en tout cas vachement plus attachants que les patients qui n'ont pas de maladie chronique. C'est à peu-près tout pour ce stage.

 

Commencent ensuite les cours de P2, c'est très chouette, plus terre à terre, et arrive le premier stage de maîtrise clinique. 

 

Stage de Janvier : Endocrinologie Larrey

On arrive au service et la chef de clinique nous présente le service. Dans ce stage, et même les suivants, on suit principalement les internes et les externes, qui nous apprennent donc l'art de faire une observation, de sensibiliser un signe clinique, ou même celui de discuter avec le patient.

Les principales pathologies que j'ai rencontrées : phéochromocytome (tumeur médullosurrénalienne sécrétant de l'adrénaline, autrement dit ça tue si pas traité), acromégalie (excès de GH dans le corps), et un peu de syndrome de Cushing (Trop de cortisol)... Bref, que des choses que nous n'avions pas vraiment vues au S3.

On découvre les visites des internes chaque matin, mais surtout les visites professorales, qui durent... Longtemps. 

Stage très intéressant qui m'a montré comment ça se passe le travail d'un externe, d'un interne, d'un PH... Mais aussi comment les médecins discutent entre eux des dossiers cliniques des patients. Bref, très intéressant pour mieux comprendre comment s'organise le service sur le plan médical. 

C'est aussi le temps des premières vraies auscultations sur les patients, où on n'arrive pas à entendre ce foutu souffle au foyer aortique, ou ces méchants crépitants en base gauche. C'est aussi le moment où on nous introduit aux observations, comment on fait un interrogatoire (ça s'apprend ouioui).

J'ai découvert le faciès d'un patient acromégale, pour lequel on ne peut plus passer à côté par la suite (recherchez sur google vous verrez c'est assez impressionnant la première fois qu'on le voit).

Fun fact : Pour mon premier interrogatoire, on m'avait donné l'observation du patient que l'on avait faite la dernière fois qu'il était venu, et j'étais tellement stressé que j'ai eu du mal à lui poser les questions alors que bon... Son état n'avait pas changé depuis la dernière fois mdrrrr.

Surtout, si vous n'arrivez pas à faire quoi que ce soit pendant votre stage, ne vous inquiétez pas : les patients savent que vous ne savez strictement rien à la médecine et que vous ne savez pas encore comment faire un interrogatoire. Ils sont généralement bienveillants et patients, puisqu'ils ont bien souvent tout seuls toute la journée, donc un peu de compagnie leur fait toujours plaisir, surtout si c'est pour parler d'eux et de discuter avec eux ^^ 

D'ailleurs, n'ayez pas peur de vous tromper ou quoi que ce soit pendant vos stages : les PH, internes et externes sont toujours bienveillants et sont toujours à l'écoute pour répondre à des questions si on s'intéresse à ce qu'ils font. 

La leçon de ce stage : Je ne sais rien. Ce stage a été une énorme motivation pour que je me mette à apprendre la médecine de mon côté au travers de livres divers et variés sur les différentes spécialités. Il a éveillé en moi l'envie de comprendre le patient et sa maladie : de comprendre le malade en somme.

 

Stage de Mai : Cardiogériatrie à l'hôpital Garonne 

Stage. Juste. Incroyable. 

Avec mon costagiaire on a suivi l'interne mais aussi le chef de service qui nous a appris plein de choses trop chouettes. On a vu plein d'insuffisances cardiaques (c'était le waterloo de l'auscultation cardiopulmonaire), et de patients qui n'allaient pas trop bien et commençaient une prise en charge palliative. Stage qui m'a beaucoup apporté humainement, car la fin de vie, c'est quelque chose de compliqué à aborder, que ce soit pour les patients, pour la famille du patient, ou même les professionnels de santé. 

Les professionnels de santé nous intégraient tous les deux, et c'était vraiment trop bien. 

Le patient qui m'a marqué : vieux monsieur de presque 80 ans qui a fait une endocardite infectieuse avec abcès cérébraux multiples sur... Une carie (Leçon du jour : brossez-vous les dents) ! Après la chirurgie de ses abcès cérébraux, il a fait une hydrocéphalie (les cavités ventriculaires du cerveau qui grossissent car trop de liquide dedans), qui a elle aussi été traitée par une dérivation ventriculo-péritonéale. 

On arrive devant un patient désorienté, qui laisse une impression étrange : tantôt il vivait dans le présent et pouvait nous répondre, tantôt il devenait d'un coup silencieux, comme s'il se déconnectait de la réalité, puis changeait son discours, et parlait comme s'il vivait dans le passé (sa femme, morte, est de nouveau en vie par exemple). Je me souviens qu'au début de notre interrogatoire, il nous a de nombreuses fois interrompus en nous demandant nos téléphones pour appeler sa femme, puis quelques minutes plus tard, il nous a annoncé que sa femme était morte, en niant en bloc sa demande de téléphone pour appeler sa conjointe défunte. Ce qui m'a marqué, c'est lorsqu'il a chuté : du sang de partout, on se serait cru dans une scène de crime à cause de ses antiagrégants et de ses anticoagulants. Une fois assis sur le fauteuil, il essayait de se lever en criant le nom de sa femme, qu'il voulait rejoindre au jardin. Ce patient m'a marqué car il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, et malgré tout on faisait tout ce qui était en notre pouvoir pour s'occuper de lui. J'ai ressenti beaucoup de peine, de compassion, à son égard.

La leçon de ce stage : être humain, tout le temps, dès que possible. Tout au long du stage, j'ai été confronté à des situations un peu bouleversantes, comme la patiente qui m'a annoncé en me regardant droit dans les yeux "Mais en fait Docteur, je pense que vous devriez me laisser mourir", ou même rentrer dans la chambre d'une patiente pour l'ausculter et s'apercevoir avec le chef de service qu'elle venait de décéder.  Face à ces situations, il faut prendre du recul, mais rester humain, faire preuve d'empathie. Et l'empathie, c'est quelque chose qui s'apprend. N'oubliez pas ça. 

 

La D1 : On sait maintenant qu'on ne sait rien, il ne reste plus qu'à apprendre pour au moins reconnaître les pathologies du patient. Les cours sont encore plus terre à terre, c'est chouette. 

 

Stage de janvier : Onco 2A à l'oncopôle 

Stage intéressant. J'ai découvert le monde de l'oncologie, qui est assez particulier comparé à d'autres spécialités comme la cardiologie ou la pneumologie par exemple. 

Dans ce service, les médecins sont spécialisés dans le sarcome ainsi les tumeurs testiculaires et rénales. 

Ici, j'ai vraiment appris à rédiger une observation comme il faut, et à faire un interrogatoire. 

Ce qui m'a marqué ici, c'est que dans cet endroit où le cancer est omniprésent, le mot "cancer" n'est pourtant prononcé par personne : on préfère le mot "maladie", "pathologie", ou même encore mieux, on essaie d'aborder le cancer de manière détournée ("comment ça va depuis ?"). Cette manière d'aborder le patient un peu "en tournant autour du pot" m'avait un peu dérouté au départ, mais on finit par s'y faire. 

Le patient qui m'a marqué : un monsieur qui a un adénocarcinome métastatique du pancreas et qui fait un essai clinique avec une immunothérapie qui vient pour sa deuxième cure de chimio et.. Voit flou. En fait, ce monsieur, avec un parcours de vie tout à fait passionnant (j'ai discuté avec lui près d'une heure et demi, c'était chouette) avait développé un syndrome myasthénique à cause de son essai clinique (c'était le Waterloo de l'oculomotricité). C'est à partir de ce patient que j'ai eu le déclic pour discuter un peu plus facilement avec les personnes malades. 

L'avantage avec l'oncologie, c'est qu'on apprend vite à poser les questions comme il faut, et j'ai beaucoup progressé dans ce domaine donc pour mon plus grand plaisir. 

Le jeudi, j'étais en consultation avec un Professeur en Hématologie, qui a révolutionné mon approche du malade : 

-Chaque chose que l'on observe chez un patient doit être caractérisée au maximum pour ne rien rater

-Commencer l'examen clinique du patient par... L'examination des pieds ! (ce serait triste de rater le purpura fébrile à méningocoque chez un patient avec de la fièvre, ne nous le cachons pas)

Ce docteur, au travers de sa pédagogie, de son entrain, et de sa gentillesse, m'a vraiment donné un modèle que j'ai envie d'attendre en tant que médecin plus tard. Je vous souhaite à tous de pouvoir faire une matinée (plutôt une longue matinée qui dure de 8h30 à presque 15h sans pauses comme on l'a fait) avec ce grand Monsieur, vous ne pourrez pas le regretter. 

Ce que j'ai retenu de ce stage, c'est vraiment ce que ce docteur m'a montré : être systématique, prendre le patient dans sa globalité, rester neutre sur le diagnostic tant qu'on n'a pas examiné le patient de fond en comble. 

Un stage vraiment incroyable. 

 

Stage de Mai :

2 semaines aux soins intensifs du SMIT

Dans ce service, uniquement des patients en très mauvais état, qui sortent d'un choc, qui sont en début de choc septique, ou qui ont des infections gravissimes. Spoiler : c'était trop le feu.

Que des patients avec des pathologies un peu bizarres, ou alors les cas d'écoles gravissimes. C'était passionnant. 

L'interne, ainsi que le médecin sénior étaient très sympas, et m'ont appris tout un tas de choses. Maintenant que je commençais à avoir un peu plus de connaissances, l'interne m'a appris la suite de la sémiologie : "une fois que je suspecte quelque chose, que fais-je ?". C'était vraiment très formateur. 

La patiente qui m'a marqué : une Madame jeune (même pas 30 ans) qui fait une activation de la toxoplasmose sur une immunodépression causée par une infection au VIH dans un contexte migratoire avec des viols multiples. Une patiente qui m'a marqué d'abord au travers de son histoire, mais aussi de ce qui l'a obligée à rester dans l'hôpital : sa réactivation de toxoplasmose s'est faite dans le cerveau (neurotoxoplasmose) et lui a détruit les thalamus (un des relais des voies de la douleur) ainsi que les ganglions de la base. La patiente présentait des douleurs intenses qui la faisaient hurler/gémir... C'était assez impressionnant à voir.

C'est pendant ce stage que j'ai appris à reconnaître une urgence médicale, grâce aux superbes conseils du médecin sénior, mais aussi à réfléchir à la prise en charge du patient. J'ai découvert le vrai foutoir que représentent les antibiotiques en infectiologie, mais aussi ce que c'est la polymédication (un patient avait une liste de... 25 médicaments !!!!). C'était vraiment génial. 

La leçon de ce stage : Être systématique, tout. le. temps. Ne rien oublier, c'est s'assurer de poser le meilleur diagnostic et de proposer la meilleure prise en charge possible. 

Un stage qui m'a fait progresser plus que je ne l'aurais pensé.

 

1 semaine à l'onco 3B à l'oncopole

Dans ce service, des cancers variés, mais plus souvent des cancers laryngés, des mélanomes et des cancers ovariens

Un stage intéressant, avec un interne très sympathique qui nous a laissé beaucoup de liberté pour faire les entrées et discuter avec lui de la prise en charge des patients. Ce stage m'a un peu permis de réutiliser tous les skills que j'ai acquis au travers de ces deux dernières années, et de voir où j'en étais finalement, voir un peu mes faiblesses.

Les patients qui m'ont marqué :

- Ce monsieur, la soixantaine, avec un cancer du larynx, trachéotomisé (il a un tube dans la gorge et ça rend la communication interpersonnelle compliquée) qui vient juste après une opération pour pose de sonde de gastrostomie. J'ai fait son entrée, et les jours qui ont suivi, son visage s'illuminait avec un grand sourire quand je venais le voir. Il était un peu devenu mon pote en quelque sorte. C'était vraiment un patient hyper gentil, calme, sincère, respectueux, patient. Une chouette personne en somme. 

-Un autre monsieur, la trentaine, avec un mélanome métastatique présentant ce que l'on appelle une méningite carcinomateuse (infiltration des méninges par les cellules cancéreuses), qui crée un taux de survie à trois mois chez ce genre de patient égal à... 0,0%. Autrement dit, le patient était vivant, mais ne pourrait pas échapper à la mort. Voir cela m'a vraiment fait bizarre... De me dire qu'au final, quoi qu'on fasse, dans 3 mois il n'est plus là, et que c'est la seule chose dont on est sûrs à propos de lui et sa pathologie. 
La leçon de ce stage : au final, ça fait un peu la boucle avec le tout premier stage de maîtrise clinique à l'hôpital, puisque je me suis rendu compte que même si j'ai appris plein de choses, au final je ne sais rien. Et la médecine, au fond, c'est un peu ça, c'est croire qu'on sait alors qu'on ne connaît pas parfaitement le concept, s'en rendre compte, et continuer à progresser. La médecine, c'est un peu l'art de la perpétuelle remise en question pour progresser. 

 

Et je pense qu'on peut finir sur ces mots-là en vrai, qu'il faut toujours chercher à progresser. 

Parce que, qui que tu sois, un futur P2, un PASS qui a du mal ou pas devant tes cours, un ex-PASS qui passe en LAS pour retenter sa chance... en fait, chacun, à son échelle, se rend compte qu'il ne sait pas quelque chose, et essaie de progresser, de rattraper ses lacunes.

 

Continue de travailler, quelles que soient les difficultés traversées, et ça finira par payer, que ce soit pour la PASS, ou même peut-être que ça paiera dans 15 ans, on ne sait jamais. 

Mais pour savoir, il faut continuer de tout donner, et ça, toi seul peux le faire. 

Félicitation aux futurs P2, et bon courage aux futurs PASS et LAS l'année prochaine. 

Continuez de croire en vous, de progresser, et vous finirez par réussir. 

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  • 3 months later...
  • RM

Coucou tout le monde ☀️

 

Me voici pour ajouter ma pierre à l’édifice de ce forum des témoignages de stage P2 en médecine.

Pour être honnête, pendant mon année de PASS puis de LAS2  j’adorais écumer ce forum, c’était vraiment super motivant. Faut avouer que ça donne trop envie. Je n’avais donc qu’une seule hâte : pouvoir à mon tour écrire mon petit message de témoignage de stage. Et aujourd’hui le jour est enfin arrivé !

 

Donc je vais raconter (avec tous les détails croustillants possibles et imaginables) mes deux semaines de stage infirmer (je vous préviens d’avance ça va être long ahah)

 

1ere semaine en Chirurgie Vasculaire à Rangueil l’après-midi

 

Ah ce premier jour de stage à l’hôpital ! Après deux ans passés sur une chaise, la tête enfouie dans les cours, ce tout premier stage c’est vraiment le début des études de médecine. Pour moi qui avait encore du mal à réaliser que c’était bon, j’avais enfin réussi à passer en deuxième année, j’ai vraiment pu réaliser que maintenant, bah je faisais partie du personnel médical quoi !

Alors évidemment ça s’accompagne de stress, du genre : « et si je fais une grosse gaffe », « et si les gens du service sont méchants », « et si je me perds dans l’hôpital » bref, vous avez compris.

Surtout qu'en P2, surtout après une année de LAS2 beh les connaissances médicales elles sont très minces quoi... 

 

Jour 1 :

 

Le premier jour, c’est toujours le plus impressionnant, on se retrouve lâchés dans un immense hôpital, tout le monde sait ce qu’il fait et où il va et franchement y’a eu un petit moment où je me suis demandée ce que je foutais là...

 

Mais en fait, une fois que je suis arrivée dans le service et après avoir passé la première demi-heure de l’horreur où il faut se présenter à tout le monde, je me suis vite rendue compte que en fait, y’avait pas trop de raisons de stresser !

 

Pour cette première journée c’était surtout de l’observation, suivre les infirmières (et les aides-soignantes) partout même si elles ont l’air super occupées.

Du coup, en Chirurgie Vasculaire, j’étais dans le service où sont tous les patients qui sont en post ou préopératoire. Les opérations c’est tout ce qui concerne les vaisseaux des membres inférieurs, de l’abdomen et du cou ainsi que les amputations (oui oui)

En fait, le premier jour c’est surtout comprendre le fonctionnement du service, voir tout ce que font les infirmières et pourquoi. J’ai pu voir pas mal de trucs, du genre un orteil nécrosé (c’est tout noir et rabougri) et des escarres (pas trop avancées ça allait mdr)

 

Jour 2 :

 

A partir du deuxième, j'étais déjà plus à l'aise ! On revoit des gens de la veille, on comprend un peu mieux le rythme du service, là où sont les équipements, ce que fait l’infirmière, tout ça. Donc après avoir pas mal observé, avec mon cher collègue stagiaire P2, on est mis à l’œuvre pour prendre les constantes des patients pendant les visites (tension, saturation, température, pouls…) Et pendant tout ce temps, je harcèle les infirmières et les aides-soignantes de questions (c’est comme ça que j’ai appris que 2 semaines avant notre passage, un patient sous anticoagulant s’est arraché le cathéter en pleine nuit et s’est vidé de son sang…) Et au-delà des détails gores, j'ai vraiment pu apprendre pleins de choses sur le métier d'infirmier, le fonctionnement du service, les procédures, tout ça tout ça

 

C’est alors qu’un des internes nous propose d’aller au bloc. Ce que clairement on attendait depuis le début de la semaine étant dans un service de chirurgie, en même temps, à qui est-ce que le bloc ne fait pas rêver !!!

Les chirurgies les plus intéressantes étant le matin, l’interne nous propose de revenir le matin en plus de l’après-midi pour voir un truc cool.

 

Jour 3 :

 

Après un réveil assez matinal, je n’avais pas envie d’être en retard pour aller au bloc pour la première fois de ma vie, je réussi enfin à trouver mon interne (oui ils sont assez volatiles, on cligne les yeux et ils ont déjà disparus)

 

On descend au bloc, en tenue bleue évidemment, il faut ensuite s’équiper avec la charlotte, les sur-chaussures, le masque adapté tout ça, tout ça.

C’est vraiment impressionnant, c’est beaucoup de couloir, des gens qui marchent vite partout et des machines qui font du bruit et ont l’air un peu terrifiantes. Et là, on arrive devant le bloc…

 

Séparé du reste du couloir par une simple porte coulissante automatique. (comme en réa, oui je tease mon prochain témoignage...) Dans ma tête, un bloc c’était séparé du « monde extérieur » par pleins de portes pour assurer la stérilité la plus totale mais pas du tout mdrrrr

 

L’interne m’a fait rentrer dans le bloc, comme ça, juste la tenue bleue et l’équipement, on se déplace autour des tables sur lesquelles sont posés les instruments stériles pendant que les infirmières et les anesthésistes préparent l’intervention.

Au total, c’est une douzaine de personnes (dont je saurais pas du tout lister tous les rôles) qui s’affairent pendant que l’interne m’explique ce qui va être fait au patient.

 

En gros, c’est la pose d’un prothèse (artère synthétique) sur l’aorte abdominale, depuis juste en dessous des artères rénales et jusqu’aux deux artères fémorales au niveau des ligament inguinaux (l’anat. remonte un peu je sais pas si c’est le vocabulaire exact…) La prothèse ressemble un peu à un Y inversé. On m'explique que c'est une opération lourde mais relativement courte.

 

Donc là clairement je suis impressionnée, je comprends qu’ils vont sectionner l’aorte juste devant mes yeux, c’est l’aorte quoi !

Et puis… l’interne me demande si je veux m’habiller en stérile pour me rapprocher du patient et observer l’opération de près. Evidemment j’accepte. On me propose même de mettre la sonde urinaire et la sonde nasogastrique au patient, mais en n’ayant jamais ne serait-ce que observé comment on met ces deux sondes je leur dis que je préfère regarder pour une première fois. 

 

J’assiste donc à l’intervention, réalisée au total par 3 médecins, le senior (el professor y el cheffe de service), une jeune diplômée et l’interne. On me demande même de tenir les instruments !!! (J'ai encore du mal à réaliser haha) Tout le monde est vraiment super gentil, le Pr m’explique plein de choses au cours de l’intervention, il me fait même palper l’aorte battante, genre avec mes propres doigts (et des gants stériles évidemment), le foie et l’estomac (oui oui)

 

En tout l’intervention a duré 4h, qui sont passées extrêmement vite (d’autant plus quand on a les bras tétanisées d’un tenir un instrument) et à la fin j’ai même pu poser des agrafes au patient pour finir de refermer. Je m’en souviendrais toute ma vie, surtout que c’était quand même une opération importante pour ma toute première fois au bloc !

 

Après cette matinée chargée en émotions, je me retrouve embarquée par les internes pour aller manger avec eux à l’internat (j’avais trop l’impression de pas être à ma place mais ils ont été très sympas)

 

Et l’aprem je suis retournée dans le service, où j’ai suivi une infirmière adorable qui répondait à toutes nos questions les plus farfelues et nous ont fait faire plein de choses. Elle s’est même proposée comme cobaye pour que l’on puisse faire notre toute première prise de sang ! On en ensuite assisté à une transfusion sanguine, ce qui implique tout un tas de procédures compliquées mais qui étaient vraiment trop intéressantes à suivre et à comprendre !

 

Jour 4 : 

 

Ah le vendredi après-midi dans un service de chirurgie... Je vais pas y aller par quatre chemins, clairement il ne se passe RIEN. Les chirurgiens n'opèrent pas le week-end donc il n'y a pas d'entrées (ni de sorties qui sont faites le matin) Donc, avec mon collègue stagiaire on a surtout tapé la discussion avec toutes les infirmières et aides-soignantes du service (et même un peu les internes) en faisant du rangement dans la réserve. 

 

Et voilà ! 4 jours ça passe très vite (oui parce que le lundi on avait un stage de simulation)

Un premier stage à l'hôpital c'est riche en tout : en émotions, en connaissances, en leçons de vie. Perso, je trouve que j'en ai appris beaucoup sur moi-même, moi qui d'habitude ai du mal à avoir confiance en moi (#confessional) bah franchement, je me suis sentie hyper à l'aise dans ce stage et à l'hôpital en général.

Je voudrais aussi ajouter que j'ai eu la chance de tomber sur des infirmiers et infirmières, aide-soignants qui étaient vraiment adorables et qui nous ont accueilli dans leur service à bras ouverts sans jamais nous faire sentir stupides ou pas à notre place. 

 

Bref, à tous les PASS, LAS ou même lycéens qui pourraient passer par là, je sais que ce que vous êtes en train de faire c'est difficile, c'est fatiguant, il faut vous accrocher et avoir confiance en vous. Je vous donne tout mon courage et toute ma force, je sais que c'est que le début de l'année (ou pas, si vous lisez ça plus tard) et qu'il reste encore un gros bout de chemin à faire. Mais croyez-moi, tous ces efforts en valent tellement la peine ! Je crois très très forts en vous ❤️

 

Bisous et rendez-vous dans le prochain épisode : La Réanimation Neurochirurgicale, une première dans les stages infirmiers P2 (oui je me suis crue dans une série télé, posez pas de questions)

Edited by LOUTRE
coquille
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