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Témoignage stage P2 (médecine)


Tryptophane

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  • Ancien RM

Oui j’ai un peu abusé sorryyyyy 😢 mais tout me semblait important 😂 Je vous sors la fin au + vite ! Bon courage à vous les loulous 😍

 

PS : @ClochetteOui on veut savoir ! 😍 (oui les témoignages  motivent même quand on est en P2)

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  • Ancien RM
Il y a 3 heures, Hypnos a dit :

elle se fait désirer en plus

et ça c'est de la technique 

 

Il y a 3 heures, Antoinee a dit :

Damn @Clochette je crois qu'il est temps de faire saigner l'encre et la plume 

alors la ça va partir en pavé monumental loulou

 

rdv donc à 21h ce soir pour un joli pavé digne d'un épisode de série j'essaye de bien vous écrire ça (j'espère qu'il vous plaira) 

 

ouai je fais plus de teasing que pour un épisode de GOT ou SNK, c'est bon pour vous ? 

 

mais avant je vais finir le taf que j'ai à faire pcq bon la P2 c'est cool mais ahahaha... la sémio G ça fait bobo 

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  • Ancien RM

Et voilà donc le pavé : 

 

J’ai eu 2 semaines de stages (même si je pense que vous êtes au courant maintenant..) : une en oncologie digestive (service de l’aprem au CHU de Rangueil) et une en médecine interne/rhumatologie (service du matin CHU de Purpan).

 

Ma première semaine a été beaucoup trop bien. J’étais complétement surexcitée d’aller en stage, j’arrivais quasi tous les jours une heure en avance (oui bon aussi pcq mon gentil taxi venait aussi une heure en avance hein) mais j’étais trop contente de pouvoir passer plus de temps dans le service, et ça m’arrivais de rester après l’heure "théorique" de fin de stage.

 

Pour vous faire un petit topo sur le service, il est séparé en 2 parties : une partie hôpital de jour et une partie hôpital de semaine. L’hôpital de jour c’est un service ambulatoire, les gens entrent le matin pour avoir leur chimio et sorte l’aprem (ou rentre l'aprem et sortent le soir) ou même des fois 1 à 2h après. Celui de semaine, c’est pour les patients plus mal en point (en général très mal en point, avec des cancers avancés et/ou des co morbidités qui rendent difficile le traitement). On les garde au chaud à l’hôpital pour qu’ils aient une surveillance plus importante.  

 

Moi j’ai passé 3 jours en hôpital de jour et une journée en hôpital de semaine.

 

En hôpital de jour j’ai vu pas mal de truc. Mais j’ai surtout rencontré une infirmière et une interne incroyables. L’infirmière s’appelait Maëva, elle était pas là depuis longtemps et m’a tout de suite dit que si je voulais la suivre je pouvais (alors qu’est ce que clochette a fait ? clochette a suivi : on attrape ses chances les loulous). Elle m’a montrée le service, comment il fonctionnait, où était rangé chaque chose, comment lire le tableau des inf (ouai pcq des fois c’est codé je vous jure je bitais rien au début). Très logistique au début. Puis on a commencé à aller voir les patients, elle a commencé à m’expliquer les différentes chimio utilisées, les plans thérapeutiques à suivre pour chaque chimio, elle m’a montré comment les poser, m’a expliqué comment fonctionnait un porte à quatre (ou pac, ouai tu sais pas ce que c’est ? attend j’y arrive). Puis une fois qu’elle m’avait parlée de tout ça elle m’a regardée et m’a dit : « bon tu veux faire toute seule ? » et j’ai bien évidemment répondu… « OUI ».

 

Donc j’ai préparé une chimio, je l’ai posé, préparer un « grippage » et mis en marche la chimio, éteint la chimio, lancé le rinçage, préparer des médicaments anti nauséeux (en perf). Maintenant, comme je sais que vous êtes des petits curieux, je vais vous expliquer ces petits termes techniques comme ça vous pourrez vous la péter en stage.

 

Un PAC c’est un dispositif médical implantable qui permet de faire une perf mais en allant directement dans la veine jugulaire interne ou la veine sous-clavière (plus souvent la sous clavière). C’est une sorte de petit rond sous cutané au milieu duquel il y a un taquet. Quand tu « grippes » ton PAC, en fait tu plantes un cathéter dans le petit taquet ce qui l’ouvre. Tu peux ensuite « brancher » ta perf à ton cathéter et tu passes ta perf, et hop la chimio est directement envoyée dans la sous clavière, arrive vite au cœur, et est distribuée dans tout l’organisme. Un PAC se pose en chir, donc moi j’en ai pas posé ahah, mais par contre j’ai participer au grippage. En gros, tu prépares tout pour piquer. Bien évidemment comme le PAC va directement passer dans la grande circulation il faut que tout soit bien stérile ! Donc j’ai du tout préparer en stérile (avec les gants et tout, je me prenais grave au srx ptdrrr), stériliser la zone à piquer (j’ai pas piquer c’est Maëva qui l’a fait j’étais pas chaud et elle non plus, on rappelle que ce sont des patients fragiles et souvent âgés donc pas envie de faire n’importe quoi), ensuite j’ai branché ma perf, fais ma petite tuyauterie (en fait tu fais un DU plomberie avec toutes ces tubulures), lancer le compte-goutte (qui permet de calculer le débit de passage) et hop chimio posée. A dans une heure pour ma madame patiente.

Et j’en ai fais beaucoup des chimios ahah.

Au niveau des autres gestes techniques j’ai fais des prise de sang et posé des cathéters sur mes co stagiaires, c’était cool. L’interne nous a montré comment faire un examen dig, une auscultation (première fois que je touchais un stétho ptn), comment se servir du logiciel de l’hôpital (pas si simple), comment lire un ECG (que je ne sais tjrs pas lire RIP les partiels), elle nous a montré comment interpréter des scanners (et on a vu des scanner pas très clean niveau dig avec des intestins bien démontés).

 

Niveau humain j’ai trouvé ça simple, jusqu’à ce que je rencontre un patient. Jeune, avec un cancer stade avancée qui faisait une grosse rechute. Je l’ai vu en ambulatoire et je l’ai suivi en hôpital de semaine, de jour en jour il s’aggravait. Ca m’a foutu un coup pcq je l’avais vu en ambulatoire confiant et plein de vie, et en fin de semaine le voir en hôpital de semaine, pâle, triste, fatigué, amaigrit… c’était pas drôle. J’imagine que c’est comme ça tous les jours pour le personnels de ces services.

 

D’un autre côté on pouvait avoir des patients ultra joyeux et plein de peps malgré le cancer, j’ai eu un coup de cœur pour une petite dame qui parlait pas un mot de Français et qui se dépatouillait comme elle pouvait en langue des signes et anglais (un peu comme nous quoi) mais qui était plus qu’adorable.

 

Voilà pour ma première semaine.

 

Nous voilà donc la deuxième semaine, en médecine interne service du matin (et croyez-moi on venait tôt pour avoir le réveil des patients et la visite du matin mais c'était trop cool). J’ai fait beaucoup de nursing pendant cette semaine (toilette, changement de drap, aide pour s’alimenter etc). C’est un service avec des patients à plus long terme et en général polypathologiques et âgés. Les infirmières étaient aussi adorables et nous montraient comment faire certains actes dès qu’elle pouvait même s’il n’y avait pas grand-chose d’incroyable à part être avec les patients. Être là pour eux.

Les internes du service nous ont montré deux trois trucs cool comme des ponctions lombaires (c’était sympas), j’ai fait un nombre incalculable de piqûre (et un Mr à dit que je piquais super bien et qu'il avait rien senti 🙂). Mais comme on n’avait souvent rien à faire on a réussi avec mes co stagiaires à s’incruster au bloc avec un de nos patients (pour une cimentoplastie en radio interventionnelle) et c’était très sympathique à voir. Aller regarder sur internet ce que c’est ahah.

 

Au niveau humain ce service à été plus compliqué j’ai trouvé. Surtout pour un de mes papis du service qui est parti en réa suite à une hémorragie digestive… Je ne sais pas vraiment ce qu’il est devenu. Il y avait beaucoup de patients avec des troubles rhumato très sévères, incapable de manger seul, de s’habiller, de faire leur toilette. Leurs pathologies se voyaient sur leur corps mais aussi sur leur moral et c’est vrai que c’était, dès fois, pas facile à gérer, et pas facile de les faire sourire.

Je me souviens bien d'une mamie qui m’a marquée. Elle voulait absolument la télé dans sa chambre. J’ai passé 2h (sans déconner j’ai regardé 2h) à tout faire pour qu’elle ait sa télé. J’ai du faire 2 fois le tour du chu pour savoir comment elle payait, j’ai appelé 3 personnes différentes. Pour qu’au final ils me disent qu’ils faut qu’elles descendent à la cafet (???) payer !!! On a réussi à trouver un fauteuil roulant (elle était pas trop mal en point vous inquiétez pas on avait demander avant mdrr). On est descendu par les entrés du personnels pcq elle voulait voir comment c’était et qu’on voulait lui faire plaisir, elle nous a raconter sa passion pour la série urgence et les séries policières, on est remonté en ayant payé et, elle, en ayant sa télé. C’était le plus beau merci que j’ai reçu. (Pour une télé ouai je sais).  

 

Bon beh j’ai fais le tour je crois. J’espère que ça vous a plu. J’espère que ça vous a motivé. N’oubliez pas que votre PACES ou votre PASS si vous la bossez, si vous vous arrachez le cul pour ces stages, c'est pour ces échanges, pour ces apprentissages, pour ces rencontres. Gardez toujours en tête que c’est dur, mais pas impossible. Que si d’autres l’ont fait vous aussi vous le ferez. Gardez en tête que votre rêve est proche de vous, qu’il vous faut continuer, vous accrocher pour l’atteindre. N’oubliez jamais ce qu’il y a derrière cette (ou ces) année(s) de galère. Parce qu’après la PACES et la PASS vous avez (et on a) beaucoup de chose à voir, à vivre. Et que vous devez vous accrocher, pour les voir et les vivre.

 

Je vous souhaite plein de courage, je vous fais des bisous, et je vous attend l’année prochaine. Mes mp et mon messenger sont toujours ouverts si certains veulent papoter.

 

Lâchez rien, vous êtes les mllrs 💙

 

PS : désolé si vous voyez des fautes ahah, et puis j'ai essayé de pas faire trop long même si y'a plein d'autres anecdotes que j'aurais voulu raconter mdrrrrr

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  • Ancien RM
Il y a 10 heures, Petit_Bateau a dit :

je connaissais déjà cette belle expérience parce que j'ai la channnnnceeee de te connaître @Clochette mais c'était un plaisir dingue de te lire et de revoir tout ça !

c'est vrai que t'en as de la chance ptn 😉 

love love love ❤️ 

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  • 1 month later...

 

TÉMOIGNAGE STAGE MAITRISE CLINIQUE P2

Salut à tous ! 🥰

Aujourd’hui est venu le jour où je dépose ma petite pierre à ce magnifique édifice de témoignages, dans l’espoir qu’il vous aidera à vous projeter un piti peu et à vous filer un coup de boost en ce début de semestre morose et tristounet. Lire ce genre de témoignage m’avait énormément aidé l’année dernière, donc posez vos polys 10 petites minutes (ptre un peu plus oupsy) et c’est parti pour le pavéééé ❤️

Faut savoir que j’avais pas spécialement apprécié mon stage infirmier, dans le sens ou j’avais trouvé ça sympa mais sans plus, donc j’en étais ressortie un peu déçue et avec des doutes, en mode « est-ce que finalement j’ai pris la bonne voie » :

                Spoiler alert = le stage de MC et le stage infirmier n’ont RIEN à voir, mais genre vraiment rien.

                2ème spoiler alert = ce stage de MC était juste incroyable

 

     Pour mon stage de MC (la semaine dernière), j’ai été affectée dans un service de médecine interne à l’hôpital Purpan. C’est une spécialité qui prend le patient en charge dans sa globalité, se chargeant des maladies systémiques, auto-immunes, rares, en tout cas des pathologies complexes et délicates la plupart du temps (merci les définitions de google, mais en vrai ça colle pas mal à la réalité du peu que j’ai pu en découvrir ^^). L’avantage à être dans ce service c’est que les patients sont pris en charge de A à Z, de la tête aux pieds, avec souvent des examens complémentaires et des bilans biologiques très larges. Et ça c’était le top du top pour progresser ++ et découvrir les bases dans tous les domaines ! Ce que j’ai adoré aussi, c’est que c’est un service dans lequel les patients connaissent +++ leurs pathologies (clairement mieux que nous), et si vous discutez avec eux ils peuvent vous en apprendre beaucoup.

 

     Le premier jour on arrive dans le service tout timides, armés de nos blouses et avec nos sthétos et marteaux réflexes qui se barrent de nos poches (on en menait pas large haha). Les externes (ces êtres génialissimes) nous ont direct mis en confiance et nous ont fait un petit tour du service. Nous sommes restés avec eux toute la semaine, ils étaient nos guides attitrés mdrr. Ils ont commencé par nous présenter leurs patients puis nous avons fait le tour de ces derniers voir comment ils allaient, écouter leur cœur et leurs poumons (et strictement RIEN entendre, je vous assure c’est hyper frustrant quand on vous dit que y’a un souffle au cœur et que malgré toute votre bonne volonté vous entendez un cœur absolument normal). Big up à ce gentil monsieur qui nous a laissé écouter son insuffisance mitrale un par un jusqu’à ce qu’on la perçoive enfin (ce genre de patiennnnt 🤩)

L’aprèm on a fait quelques entrées de patient avec les externes, ça consiste en gros à faire un interrogatoire au patient, lui demandant la raison de sa venue dans le service, ses antécédents, son mode de vie… puis ensuite réaliser un examen clinique. C’est à ce moment-là qu’a lieu le premier contact avec le patient ! Je me rappelle d’une petite mamie à qui je faisais un ECG et auprès de laquelle je me suis excusé de pas aller très vite pcq j’apprenais en même temps : « apprend apprend ma chérie j’ai tout mon temps ». D’ailleurs petit « fun fact » : cette après-midi-là, on a accueilli dans le service 2 patients atteint de polychondrite atrophiante. Les médecins avaient dit aux externes que c’est le genre de pathologie qu’on apprend que dans les livres mais qu’on ne voit qu’une fois dans sa carrière (j’ai regardé et effectivement l'incidence est estimée à 3,5 cas par million d'habitants par an, ça fait vraiment pas beaucoup mdrr) Donc 2 d’un coup dans le service c’était assez incroyable !

 

     Le deuxième jour, j’ai pu assister durant toute la matinée aux consultations. Elles se déroulent dans une salle genre cabinet de médecin généraliste, sauf que c’est avec un interniste (médecin en médecine interne, j’ai mis pas mal de temps à le comprendre mdrr) et que les patients sont suivis pour des pathologies spécifiques, plutôt « chroniques » pour lesquelles ils consultent tous les 6 mois par ex (lupus, polyarthrite rhumatoïde…). Ça m’a fait voir un autre aspect de la médecine en hosto auquel on pense pas forcément, c’était super cool (petite pensée au médecin qui me supervisait et auprès duquel j’ai confondu foyer mitral et tricuspide en auscultant une patiente sous le coup du stress, il m’a jugé fort xD). Décidément là cardio c’est pas mon truc…

Un patient a annulé une consult au dernier moment et il n’y avait donc rien à faire, alors l’interniste avec lequel j’étais m’a dit de le suivre. Nous sommes allés à l’hôpital de jour, il est entré dans une chambre au hasard et a dit au patient : « bonjour monsieur, voici une jeune étudiante en médecine, est-ce que vous acceptez qu’elle vous pose quelques questions ? » Le patient a accepté et le médecin est sorti. Sans que j’ai le temps de comprendre ce qu’il s’était passé, je me suis retrouvée seule face à ce monsieur dont je ne connaissais RIEN, et là il a bien fallu assurer 😅 j’ai donc fait un interrogatoire complet, comme une entrée (puisque je ne connaissais absolument rien du patient). Au final, je suis restée au moins 2 heures avec lui, cet homme était juste incroyable. Il venait pour la journée faire sa chimio (d’où l’hôpital de jour), et il était en parallèle atteint de tuberculose et séropositif. Il m’a raconté pleins de choses sur sa vie et on a passé du temps à discuter de tout et de rien… Ce patient avait une force de vivre et un optimisme hors du commun, il m’a vraiment marqué et je suis revenue l’après-midi lui dire au revoir avant qu’il parte, c’est quand tu vis ce genre de rencontre que tu sais pourquoi tu veux faire ce métier.

L’aprem pareil on a fait des entrées avec les externes. On a accueilli une patiente qui avait été placée dans notre service car il n’y avait plus de place en oncologie. Elle était jeune, et avait un cancer digestif a très mauvais pronostic… Je suis allée avec l’externe qui s’occupait de son cas. J’ai énormément de mal à gérer la cancérologie, donc je tente de m’y confronter à petites doses parce qu’il faudra bien que je sache gérer un jour, c’était l’occasion. Comme c’était une patiente d’onco, on a pu examiner de nombreux scanners et s’entrainer à reconnaitre les différentes structures (on se perd entre tous les niveaux de gris et les cours sur le digestif jamais dispensés en PACES 🤣) mais c’est comme tout, à force d’entrainement et de répétition on progresse et c’est trooooop cool de s’en rendre compte. La patiente était très mal en point le jour ou je suis allée la voir, très faible et pouvait à peine parler. Niveau émotions j’ai vraiment eu du mal, ce stage m’a fait réaliser mon principal point de travail sur moi-même serait à ce niveau-là…

 

     Je crois que c’était le mercredi, la journée s’est déroulée normalement, juste l’après-midi lors des entrées je voulais vous parler d’un cas parce que j’ai trouvé ça juste incroyable : on a reçu une patiente qui était allergique et son allergie lui provoquait de l’urticaire et des angio-oedemes. Jusque-là ok vous me direz. Sauf que son allergie était au froid ! (je trouve ça juste fou) Forcément pour elle c’était très handicapant, boire de l’eau froide ou aller dehors à moins de 17 ou 18° c’était pas envisageable (donc super compliqué au quotidien vous imaginez bien..) mais au niveau physiopathologique c’était hyper intéressant. Il n’y a qu’en médecine interne qu’on peut voir ce genre de cas…

 

     Le jeudi matin le chef de clinique du service nous a pris à part pour nous refaire un mini « cours » sur les examens clinique, comment examiner un patient de A à Z qui arrive dans le service. Puis une fois qu’on a eu bien compris et qu’on avait plus de questions, il nous a regardé : « Bon, on va mettre ça en pratique sur un patient ? ». J’ai cru que c’était une blague mdrr, mais non x)

Nous voilà donc en route pour aller examiner un patient qui était venu dans le service pour une maladie de Horton et qui devait sortir le lendemain. Juste ADORABLE. Il s’est prêté au jeu, chacun d’entre nous (P2) examinait un appareil du patient (appareil cardio, pneumo, dig…). Je suis tombé sur le neuro, RIP les cours qui ne sont dispensé qu’en D1 mdr, mais en vrai en ayant quelques bases de PACES on s’en sort 😉 et puis le chef de clinique nous guidait tout le long, on se sentait vraiment à l’aise et soutenu, il n’était pas là pour nous piéger du tout ❤️

C’est super enrichissant, le patient était hyper volontaire et ravi de nous aider (on est restés bien 40min avec lui à l’examiner mdrr, trop trop gentil vraiment 🥰), donc on a bien pu prendre le temps nécessaire pour approfondir ^^

Un peu plus tard, une interne avait besoin de faire un ECG à un patient, et les externes n’étant pas là on a sauté sur l’occasion pour la dépanner (on faisait moins les malines quand elle nous a ensuite demandé de l’analyser mdrr). Si je peux vous donner un conseil pour les stages, c’est d’oser. Osez demander à assister aux examens, osez demander qu’on vous montre, osez dire que vous ne savez pas. Beaucoup disent que c’est un stage ou on fait la plante verte, mais si vous êtes respectueux et motivés et que vous demandez, on vous montrera et on vous laissera faire ensuite 😉

 

     Vendredi j’ai passé toute la journée dans le service d’hospitalisation. Nous sommes arrivés vers 8h45, en nous arrêtant d’abord dans une boulangerie pour acheter des viennoiseries aux meilleurs externes de la terre (ils ont été géniaux toute la semaine 🥰)

Ensuite arrivés dans le service, comme les autres jours, avec les externes on regarde les dossiers voir s’il y a eu du nouveau durant la nuit, puis direction le tour des patients. La patiente avec le cancer digestif se portait plutôt bien et avait bon moral, ça faisait trooop plaisir de la voir dans cet état, on est resté papoter pas mal de temps avec elle et elle s’est beaucoup livrée à nous, on sentait qu’elle avait besoin de parler et que ça lui faisait du bien.

Un autre truc qui m’a marquée cette matinée, le monsieur avec la maladie très rare (la fameuse polychondrite atrophiante, vous vous rappelez ?) devait subir pas mal de changement dans sa prise en charge qui l’angoissaient beaucoup. L’externe avec qui j’étais a passé genre 40min à discuter avec lui et à le rassurer en répondant à ses questions, ça m’a beaucoup touchée.

L’après-midi, après le déjeuner, les externes avaient une RCP (une réunion de concertation pluridisciplinaire) et il y avait 5 entrées à faire… du coup qu’est-ce qu’on a fait ? Bah on y est allé hihi (en vrai on leur avait demandé l’autorisation, mais n’hésitez jamais dès que les opportunités se présentent)

Quand les externes sont revenus on a fait une visite pour dire au-revoir au patient atteint de PA et lui souhaiter bon retour (on avait vraiment accroché avec lui). Je me rappellerai toujours de son « merci pour tout » qu'il nous a adressé avant de partir... Au moment où on sortait de sa chambre, tout émus et heureux, on a remarqué le remue ménage dans les couloirs du service, et en marchant, le bruit strident du code d'urgence annonçant les arrêts cardiaques… Le patient sur lequel nous avions fait l’examen clinique la veille avait fait un arrêt alors qu’il devait quitter l’hôpital.. Une équipe de réanimation était sur place pour tenter de le ramener. La brutalité et la violence de la scène m’ont beaucoup choquée, je n’ai pas regardé très longtemps. Il n’ont pas réussi à le faire revenir… Je suis encore sous le choc de la chose donc je préfère pas m’étaler dessus…

 

     Comment terminer tout cela sur une note joyeuse ? J’ai rencontré des humains incroyables, j’ai énormément progressé au niveau médical en seulement quelques jours, mais j’ai également surtout beaucoup appris humainement parlant.

J’ai rencontré des patients dont je sais que je me rappellerai toute ma vie, des externes juste incroyables par leur patience, leur pédagogie et leur humanité.

Quand vous pénétrez dans l’intimité d’une personne, que vous la questionnez, qu’elle se livre à vous en toute confiance, qu’elle vous laisse l’examiner sans crainte parce que la relation est installée, vous savez que vous avez réussi à tisser quelque chose de fort.

     Si je peux vous dire de retenir une chose : Accrochez-vous. Bossez dur pour atteindre le métier de vos rêves, pour devenir le meilleur médecin possible. Bossez pour tisser ces liens, soulager les patients, les comprendre, les accompagner. Vous êtes à un moment complexe dont vous ne voyez pas forcément la fin, mais si vous savez que c’est ce que vous souhaitez faire, accrochez-vous pour arriver de l’autre côté, parce que ça en vaut le coup. Vraiment. C’est dur, et ça le sera encore à de nombreuses reprises ; on se retrouve confrontés à des situations qu’on ne sait pas comment gérer et on fait au mieux, on apprend un peu sur le tas… mais le sentiment de pouvoir apaiser et d’être utile, la reconnaissance et la gratitude des malades envers vous, la confiance que les patients vous livrent… ça n’a pas de prix les loulous 😉

 

En espérant avoir pu vous transmettre quelques uns des moments qui m'ont marqué, n'hésitez pas à réagir ou à venir en MP si vous avez des questions ^^

 

Courage à tous, vous pouvez y arriver ❤️

 

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Il y a 17 heures, Please a dit :

 

TÉMOIGNAGE STAGE MAITRISE CLINIQUE P2

Salut à tous ! 🥰

Aujourd’hui est venu le jour où je dépose ma petite pierre à ce magnifique édifice de témoignages, dans l’espoir qu’il vous aidera à vous projeter un piti peu et à vous filer un coup de boost en ce début de semestre morose et tristounet. Lire ce genre de témoignage m’avait énormément aidé l’année dernière, donc posez vos polys 10 petites minutes (ptre un peu plus oupsy) et c’est parti pour le pavéééé ❤️

Faut savoir que j’avais pas spécialement apprécié mon stage infirmier, dans le sens ou j’avais trouvé ça sympa mais sans plus, donc j’en étais ressortie un peu déçue et avec des doutes, en mode « est-ce que finalement j’ai pris la bonne voie » :

                Spoiler alert = le stage de MC et le stage infirmier n’ont RIEN à voir, mais genre vraiment rien.

                2ème spoiler alert = ce stage de MC était juste incroyable

 

     Pour mon stage de MC (la semaine dernière), j’ai été affectée dans un service de médecine interne à l’hôpital Purpan. C’est une spécialité qui prend le patient en charge dans sa globalité, se chargeant des maladies systémiques, auto-immunes, rares, en tout cas des pathologies complexes et délicates la plupart du temps (merci les définitions de google, mais en vrai ça colle pas mal à la réalité du peu que j’ai pu en découvrir ^^). L’avantage à être dans ce service c’est que les patients sont pris en charge de A à Z, de la tête aux pieds, avec souvent des examens complémentaires et des bilans biologiques très larges. Et ça c’était le top du top pour progresser ++ et découvrir les bases dans tous les domaines ! Ce que j’ai adoré aussi, c’est que c’est un service dans lequel les patients connaissent +++ leurs pathologies (clairement mieux que nous), et si vous discutez avec eux ils peuvent vous en apprendre beaucoup.

 

     Le premier jour on arrive dans le service tout timides, armés de nos blouses et avec nos sthétos et marteaux réflexes qui se barrent de nos poches (on en menait pas large haha). Les externes (ces êtres génialissimes) nous ont direct mis en confiance et nous ont fait un petit tour du service. Nous sommes restés avec eux toute la semaine, ils étaient nos guides attitrés mdrr. Ils ont commencé par nous présenter leurs patients puis nous avons fait le tour de ces derniers voir comment ils allaient, écouter leur cœur et leurs poumons (et strictement RIEN entendre, je vous assure c’est hyper frustrant quand on vous dit que y’a un souffle au cœur et que malgré toute votre bonne volonté vous entendez un cœur absolument normal). Big up à ce gentil monsieur qui nous a laissé écouter son insuffisance mitrale un par un jusqu’à ce qu’on la perçoive enfin (ce genre de patiennnnt 🤩)

L’aprèm on a fait quelques entrées de patient avec les externes, ça consiste en gros à faire un interrogatoire au patient, lui demandant la raison de sa venue dans le service, ses antécédents, son mode de vie… puis ensuite réaliser un examen clinique. C’est à ce moment-là qu’a lieu le premier contact avec le patient ! Je me rappelle d’une petite mamie à qui je faisais un ECG et auprès de laquelle je me suis excusé de pas aller très vite pcq j’apprenais en même temps : « apprend apprend ma chérie j’ai tout mon temps ». D’ailleurs petit « fun fact » : cette après-midi-là, on a accueilli dans le service 2 patients atteint de polychondrite atrophiante. Les médecins avaient dit aux externes que c’est le genre de pathologie qu’on apprend que dans les livres mais qu’on ne voit qu’une fois dans sa carrière (j’ai regardé et effectivement l'incidence est estimée à 3,5 cas par million d'habitants par an, ça fait vraiment pas beaucoup mdrr) Donc 2 d’un coup dans le service c’était assez incroyable !

 

     Le deuxième jour, j’ai pu assister durant toute la matinée aux consultations. Elles se déroulent dans une salle genre cabinet de médecin généraliste, sauf que c’est avec un interniste (médecin en médecine interne, j’ai mis pas mal de temps à le comprendre mdrr) et que les patients sont suivis pour des pathologies spécifiques, plutôt « chroniques » pour lesquelles ils consultent tous les 6 mois par ex (lupus, polyarthrite rhumatoïde…). Ça m’a fait voir un autre aspect de la médecine en hosto auquel on pense pas forcément, c’était super cool (petite pensée au médecin qui me supervisait et auprès duquel j’ai confondu foyer mitral et tricuspide en auscultant une patiente sous le coup du stress, il m’a jugé fort xD). Décidément là cardio c’est pas mon truc…

Un patient a annulé une consult au dernier moment et il n’y avait donc rien à faire, alors l’interniste avec lequel j’étais m’a dit de le suivre. Nous sommes allés à l’hôpital de jour, il est entré dans une chambre au hasard et a dit au patient : « bonjour monsieur, voici une jeune étudiante en médecine, est-ce que vous acceptez qu’elle vous pose quelques questions ? » Le patient a accepté et le médecin est sorti. Sans que j’ai le temps de comprendre ce qu’il s’était passé, je me suis retrouvée seule face à ce monsieur dont je ne connaissais RIEN, et là il a bien fallu assurer 😅 j’ai donc fait un interrogatoire complet, comme une entrée (puisque je ne connaissais absolument rien du patient). Au final, je suis restée au moins 2 heures avec lui, cet homme était juste incroyable. Il venait pour la journée faire sa chimio (d’où l’hôpital de jour), et il était en parallèle atteint de tuberculose et séropositif. Il m’a raconté pleins de choses sur sa vie et on a passé du temps à discuter de tout et de rien… Ce patient avait une force de vivre et un optimisme hors du commun, il m’a vraiment marqué et je suis revenue l’après-midi lui dire au revoir avant qu’il parte, c’est quand tu vis ce genre de rencontre que tu sais pourquoi tu veux faire ce métier.

L’aprem pareil on a fait des entrées avec les externes. On a accueilli une patiente qui avait été placée dans notre service car il n’y avait plus de place en oncologie. Elle était jeune, et avait un cancer digestif a très mauvais pronostic… Je suis allée avec l’externe qui s’occupait de son cas. J’ai énormément de mal à gérer la cancérologie, donc je tente de m’y confronter à petites doses parce qu’il faudra bien que je sache gérer un jour, c’était l’occasion. Comme c’était une patiente d’onco, on a pu examiner de nombreux scanners et s’entrainer à reconnaitre les différentes structures (on se perd entre tous les niveaux de gris et les cours sur le digestif jamais dispensés en PACES 🤣) mais c’est comme tout, à force d’entrainement et de répétition on progresse et c’est trooooop cool de s’en rendre compte. La patiente était très mal en point le jour ou je suis allée la voir, très faible et pouvait à peine parler. Niveau émotions j’ai vraiment eu du mal, ce stage m’a fait réaliser mon principal point de travail sur moi-même serait à ce niveau-là…

 

     Je crois que c’était le mercredi, la journée s’est déroulée normalement, juste l’après-midi lors des entrées je voulais vous parler d’un cas parce que j’ai trouvé ça juste incroyable : on a reçu une patiente qui était allergique et son allergie lui provoquait de l’urticaire et des angio-oedemes. Jusque-là ok vous me direz. Sauf que son allergie était au froid ! (je trouve ça juste fou) Forcément pour elle c’était très handicapant, boire de l’eau froide ou aller dehors à moins de 17 ou 18° c’était pas envisageable (donc super compliqué au quotidien vous imaginez bien..) mais au niveau physiopathologique c’était hyper intéressant. Il n’y a qu’en médecine interne qu’on peut voir ce genre de cas…

 

     Le jeudi matin le chef de clinique du service nous a pris à part pour nous refaire un mini « cours » sur les examens clinique, comment examiner un patient de A à Z qui arrive dans le service. Puis une fois qu’on a eu bien compris et qu’on avait plus de questions, il nous a regardé : « Bon, on va mettre ça en pratique sur un patient ? ». J’ai cru que c’était une blague mdrr, mais non x)

Nous voilà donc en route pour aller examiner un patient qui était venu dans le service pour une maladie de Horton et qui devait sortir le lendemain. Juste ADORABLE. Il s’est prêté au jeu, chacun d’entre nous (P2) examinait un appareil du patient (appareil cardio, pneumo, dig…). Je suis tombé sur le neuro, RIP les cours qui ne sont dispensé qu’en D1 mdr, mais en vrai en ayant quelques bases de PACES on s’en sort 😉 et puis le chef de clinique nous guidait tout le long, on se sentait vraiment à l’aise et soutenu, il n’était pas là pour nous piéger du tout ❤️

C’est super enrichissant, le patient était hyper volontaire et ravi de nous aider (on est restés bien 40min avec lui à l’examiner mdrr, trop trop gentil vraiment 🥰), donc on a bien pu prendre le temps nécessaire pour approfondir ^^

Un peu plus tard, une interne avait besoin de faire un ECG à un patient, et les externes n’étant pas là on a sauté sur l’occasion pour la dépanner (on faisait moins les malines quand elle nous a ensuite demandé de l’analyser mdrr). Si je peux vous donner un conseil pour les stages, c’est d’oser. Osez demander à assister aux examens, osez demander qu’on vous montre, osez dire que vous ne savez pas. Beaucoup disent que c’est un stage ou on fait la plante verte, mais si vous êtes respectueux et motivés et que vous demandez, on vous montrera et on vous laissera faire ensuite 😉

 

     Vendredi j’ai passé toute la journée dans le service d’hospitalisation. Nous sommes arrivés vers 8h45, en nous arrêtant d’abord dans une boulangerie pour acheter des viennoiseries aux meilleurs externes de la terre (ils ont été géniaux toute la semaine 🥰)

Ensuite arrivés dans le service, comme les autres jours, avec les externes on regarde les dossiers voir s’il y a eu du nouveau durant la nuit, puis direction le tour des patients. La patiente avec le cancer digestif se portait plutôt bien et avait bon moral, ça faisait trooop plaisir de la voir dans cet état, on est resté papoter pas mal de temps avec elle et elle s’est beaucoup livrée à nous, on sentait qu’elle avait besoin de parler et que ça lui faisait du bien.

Un autre truc qui m’a marquée cette matinée, le monsieur avec la maladie très rare (la fameuse polychondrite atrophiante, vous vous rappelez ?) devait subir pas mal de changement dans sa prise en charge qui l’angoissaient beaucoup. L’externe avec qui j’étais a passé genre 40min à discuter avec lui et à le rassurer en répondant à ses questions, ça m’a beaucoup touchée.

L’après-midi, après le déjeuner, les externes avaient une RCP (une réunion de concertation pluridisciplinaire) et il y avait 5 entrées à faire… du coup qu’est-ce qu’on a fait ? Bah on y est allé hihi (en vrai on leur avait demandé l’autorisation, mais n’hésitez jamais dès que les opportunités se présentent)

Quand les externes sont revenus on a fait une visite pour dire au-revoir au patient atteint de PA et lui souhaiter bon retour (on avait vraiment accroché avec lui). Je me rappellerai toujours de son « merci pour tout » qu'il nous a adressé avant de partir... Au moment où on sortait de sa chambre, tout émus et heureux, on a remarqué le remue ménage dans les couloirs du service, et en marchant, le bruit strident du code annonçant les arrêts cardiaques… Le patient sur lequel nous avions fait l’examen clinique la veille avait fait un arrêt alors qu’il devait quitter l’hôpital.. Une équipe de réanimation était sur place pour tenter de le ramener. La brutalité et la violence de la scène m’ont beaucoup choquée, je n’ai pas regardé très longtemps. Il n’ont pas réussi à le faire revenir… Je suis encore sous le choc de la chose donc je préfère pas m’étaler dessus…

 

     Comment terminer tout cela sur une note joyeuse ? J’ai rencontré des humains incroyables, j’ai énormément progressé au niveau médical en seulement quelques jours, mais j’ai également surtout beaucoup appris humainement parlant.

J’ai rencontré des patients dont je sais que je me rappellerai toute ma vie, des externes juste incroyables par leur patience, leur pédagogie et leur humanité.

Quand vous pénétrez dans l’intimité d’une personne, que vous la questionnez, qu’elle se livre à vous en toute confiance, qu’elle vous laisse l’examiner sans crainte parce que la relation est installée, vous savez que vous avez réussi à tisser quelque chose de fort.

     Si je peux vous dire de retenir une chose : Accrochez-vous. Bossez dur pour atteindre le métier de vos rêves, pour devenir le meilleur médecin possible. Bossez pour tisser ces liens, soulager les patients, les comprendre, les accompagner. Vous êtes à un moment complexe dont vous ne voyez pas forcément la fin, mais si vous savez que c’est ce que vous souhaitez faire, accrochez-vous pour arriver de l’autre côté, parce que ça en vaut le coup. Vraiment. C’est dur, et ça le sera encore à de nombreuses reprises ; on se retrouve confrontés à des situations qu’on ne sait pas comment gérer et on fait au mieux, on apprend un peu sur le tas… mais le sentiment de pouvoir apaiser et d’être utile, la reconnaissance et la gratitude des malades envers vous, la confiance que les patients vous livrent… ça n’a pas de prix les loulous 😉

 

En espérant avoir pu vous transmettre quelques uns des moments qui m'ont marqué, n'hésitez pas à réagir ou à venir en MP si vous avez des questions ^^

 

Courage à tous, vous pouvez y arriver ❤️

 

Waaah il m'a happée ton témoignage, merci c'est exactement ce que j'avais besoin de voir ❤️ 

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  • Ancien RM

Témoignage de mon stage de maîtrise clinique

 

Musique dans les oreilles, vue dégagée sur un arbre, une cigarette électronique, c'est bon j'suis près j'fais sortir le Francois-Marie Arouet en moi (si tu l'as pas go wiki, c'est cadeau).  

Alors déjà on reprend les bases : oueskeGT ? Normalement je devais être en Neuro-Chirurgie à Purpan, in fine je suis à Rangueil en Chirurgie Cardio-Vasculaire parce que le service de Purpan était un cluuuuuster -top-. 

 

Au final c'était peut être pas si mal, parce que la seule chose que j'ai en neuro c'est des connaissances anatomiques de PACES, qui sont bien mais qui ne suffisent absolument pas à comprendre 1/4 de ce qu'il se passe à l'hôpital. Alors qu'en CV (Cardio-Vasculaire ça ira plus vite pour moi) j'avais les connaissances anatomiques de PACES + L'anatomie de P2, l'histologie (je m'en suis autant servi que tu te sers de ce tapis de sport que t'as acheté y'a 3ans), la physiologie, la sémiologie et la pharmacologie et tout ça cumulé a fait que je comprenais de quoi on me parlait : YES je passe pas pour un pot de fleure. 

 

Donc arrivée lundi 01/02 au stage, on prend la blouse et les affaires de bloc (rien que ça c'est stylé ptn) puis on monte dans le service, et là paf, 3 externes qui nous mettent TELLEMENT à l'aise : Yuri, Stephan et Mallaurie (<3) nous proposent de les suivre dans le service, je pars donc avec Steph, le meilleur Externe antillais de Toulouse qui m'explique tout le service et qui me prend pour aller dans le service de post op et de pré-op, et comme l'interne n'était pas fou on a juste fais des ECG toute la matinée sur un SIOUPER site : on a eu entre 10/10 et 7/10, si seulement j'avais fais pareil au partiel. 

Puis l'aprèm on a eu droit à un cours d'externat : j'ai dormi tellement je comprenais rien puis les internes en chirurgie (surtout Simon, gros love t'es incroyable j'te jure) nous ont dit de venir pour un cours improvisé : on a donc fait un cours de suture avec eux donc je sais faire des points et je sais faire des noeuds : et je sais les faire vite aussi ce qui est non négligeable. Donc vraiment rien que pour ça c'est gros coeur sur eux. 

 

Mardi 02/02, j'arrive je me dis que je vais changer d'externe et partir avec une femme dont le nom m'a échappé : clairement une crème c'était incroyable, et là même pas le temps de dire ouff qu'un sénior débarque et me dit : lou caraye, t'es un P2? va au bloc j'ai une place pour toi. Moi heureux parce que c'était mon premier bloc! Donc je fonce me changer et j'arrive devant les blocs, évidement je pompe rien, donc je demande, on me présente à l'équipe et on me demande juste de me laver les mains, fun fact, j'ai pas réussi à ouvrir l'eau j'me suis donc aspergé de gel hydro-OHique. Nonauxjugements. 

L'opération c'était un pontage coronarien, en gros la femme avait 3 stents de la CX, une angioplastie de la Coro-D et donc la seule qui n'avait rien? L'IVA, donc on fait un pontage sur elle avec l'artère thoracique interne. En gros on a remplacé l'IVA par la thoracique interne ce qui veut dire que le coeur dans sa partie antérieure grosso merdo sera vascularisé au final par la subclavière (si t'as pas compris regarde l'anatomie, ou demande moi ❤️ Bon ok j'explique, la thoracique interne est une collatérale inféro-médiale de la sub-clavière), pendant l'opération j'étais au niveau de la tête du patient donc j'avais ma tête à moi à 40cm de l'action c'était génial. J'ai adoré, l'équipe était en plus vraiment super, elle me posait des questions sur l'anatomie, ou sur le dossier du patient. 

 

Mercredi 03/02, arrivée 7H30 pour un cours sur la Valve mitrale à l'attention des étudiants en médecine du service, donc P2-D1-Externes-Internes, et c'était accessible à tous, vraiment super bien de pouvoir entendre ça, l'ambiance était géniale, tous les chefs (Chirurgien CV c'est important de préciser, les cardiologues sont loin d'avoir cette sympathie) étaient là avec un déjeuné en prime, on nous a montré des vidéos de chirurgie mitraille, enfin on voyait que c'était vraiment un cours pour nous, avec une point de Santé Publique, la valve mitrale étant la valve la plus touchée des valvulopathies. Puis je vais en réanimation et là je tombe sur une perle de pimprenelle : Mme Romane, l'interne en réa-anesthésie. Cette femme m'a tout montré, tout expliqué, tout développé. Elle m'expliquait les échographies (enfin je ne vois plus que des teintes de gris, j'arrive à voir le coeur et meme des épanchements pleuraux!), elle m'expliquait le cas de chaque patient, ce qu'ils ont eu, leur antécédents, leurs chirurgies, leurs complications, et la stratégie thérapeutique le tout en me demandant à chaque fois d'interpréter l'ECG, je mettais 10 minutes, certes, mais j'avais rarement faux ! (bon y'a du Taff, elle le lit en 15 secondes elle...), donc vraiment incroyable cette personne. 

 

Jeudi 04/02, au matin je vais encore en réa, encore avec Romane et l'aprem c'est mon tour de bloc, je me pointe donc en détente au bloc, 13h30, pour un remplacement de valve aortique, j'assiste à toute l'opération. Au début c'est Simon qui a géré l'opération sous l'oeil avisé du sénior, puis il a donné la main à un autre sénior en étant un peu son assistant pour la suite de l'opération. Vraiment j'ai trouvé ça incroyable, et j'ai compris plein de choses avec ces deux opérations :

  1. Une opération du coeur ça ne saigne pas tant que ça
  2. Une opération du coeur c'est incroyable 
  3. J'aime la chirurgie
  4. Et le bloc c'est la salle du temps inversé : T'y es 6h, tu sors de là t'as l'impression que c'était 40 minutes. 
  5. La graisse humaine grillée sent le cochon

Donc sur cette opération aussi, les séniors et l'interne me font une intéro surprise, si j'avais reconnu cette conne de veine pulmonaire j'aurai tapé un sans faute ptn. 

 

Vendredi 05/02, je vais encore, encore en réa, encore, encore avec Romane et l'aprem j'ai pas eu de bloc parce qu'il a été annulé. Top. 

 

 

Bilan : j'ai vu de la chirurgie, j'ai vu de la réa, j'ai kiffé la chirurgie, moins la réa. 

Point négatif, j'ai pas fais de clinique (examen clinique, entrée de patients...) parce que c'est juste un mauvais service pour ça, en réa tu fais pas des entrées tous les jours et tu fais pas d'entrée comme ailleurs donc bon... 

Objectif : faire de la clinique sur mes prochains stages

Point positif, j'ai trouvé une spé qui m'intéresse vraiment, et un corps de métier qui m'intéresse encore plus. 

 

Les gars, j'vous met peut-être des paillettes dans vos potits yeux, mais vraiment vous avez tous en vous la capacité de réussir, croyez en vous, croyez en vos putains de rêve, gardez le cap, plus que quelques semaines. 

 

J'invite mes loulous préférés à tout raconter : @Clochette (que je remercie pour le relecture de mon pavasse) @Biere_Lambert @Aliénor @PierrickSenior @Jadilie @JulieRay @Tacocat et tous les autres !

 

Je vous embrasse tous très très très fort. 

 

❤️❤️

 

Edited by LAmi_Omelette
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  • Ancien RM
il y a 7 minutes, LAmi_Omelette a dit :

fun fact, j'ai pas réussi à ouvrir l'eau j'me suis donc aspergé de gel hydro-OHique. Nonauxjugements.

j'ai pas jugé, j'ai juste ri  fort

En tout cas, c'est encore un super témoignage qui donne vachement l'envie de tout démonter donc merci mille fois !

C'est avec ces fameuses paillettes dans les yeux que je retourne au boulot, hors de question que je rate des trucs comme ça ☀️

 

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  • Membre du Bureau
il y a 54 minutes, LAmi_Omelette a dit :

La graisse humaine grillée sent le cochon

**prend note en s'appliquant**

 

Merci à tous pour vos témoignage ça fait le vivre par procuration un peu c'est top!💚

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  • RM

Jeunes P2, je pense que vous n'avez même pas idée à quel point vos témoignages sont motivants, pour nous, jeunes PASS innocents, surtout en ces moments remplis de doute. Vraiment, ça me rappelle à quel point la médecine m'attire et à quel point l'envie d'y consacrer ma vie est plus forte que tout (même si j'avoue que parfois mon lit m'attire plus que la médecine) ❤️😄

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STAGE MAITRISE CLINIQUE P2

 

Salut à tous !

 

C'est à mon tour d'alimenter ce magnifique post (qui m'avait reboosté pendant le confinement l'an dernier 🥰). Autant dire qu'au départ j'avais prévu d'être concis, visiblement c'est un peu raté 🤭. Bonne lecture ! (et dsl pour les fautes, j'ai relu par partie au fur et à mesure mais j'ai pas la foi de tout reprendre).

 

Avant tout, le truc qui m'a le plus marqué (et touché) au CHU depuis le début de l'année (notamment pendant le stage infirmier de septembre) c'est à quel point des gens que vous ne connaissez ni d'Eve ni d'Adam sont capables de vous faire confiance et de vous raconter leurs vies, leurs problèmes et leurs souffrances par le simple fait que vous êtes soignants. C'est vraiment quelque chose d'incroyable et un privilège inestimable, on m'en avait déjà parlé quand j'étais en P1 mais je ne pensais pas que ça soit si impressionnant.


 

Mon stage de maitrise clinique était donc en chirurgie orthopédique à Pierre Paul Riquet (PPR pour les intimes). Pour être très honnête quand j'ai su mon affectation je n'étais pas du tout emballé parce que ce n'était (spoiler alert) pas du tout une spé qui m'attirait. Déjà, je n'avais jamais envisagé de faire une spé chirurgicale (je trouvais qu'il n'y avait pas assez de contact avec les patients, que les chirs étaient tous prétentieux... bref tous les clichés qu'on peut avoir) ET en plus en tant que grand sportif l'ortho était bien la dernière de mes préoccupations. Mais tout de même, le dimanche soir j'étais au taquet excité parce que ça reste un stage à l'hopital et que c'est vraiment les meilleurs moments de nos études.


Nous sommes donc lundi matin 8h, on arrive dans le service (instant anecdote : les murs sont couverts de maillots de rugbys encadrés et signés, on est pas à Toulouse pour rien) et on nous dit d'attendre dans la salle de réunion. Le chef de service arrive (avec le petit quart d'heure toulousain qui va bien) et annonce la couleur : le seul objectif du stage est qu'on aime la chir ortho (le projet de valider les objectifs du stage fixé par la fac est déjà loin). A ce moment là, je me suis dit qu'il pouvait toujours espérer mais que ça ne risquait pas d'arriver. Ensuite, il sort son trombinoscope magique ("ils sont tellement sans ça je les confonds"), regarde où il y a déjà des externes et nous affecte dans les trous avec un binôme chirurgien-interne (le service marche comme ça). On était 7, j'étais le 6ème sur la liste. Dès le 5ème, il arrive à la fin de son trombi en ayant volontairement laissé des binômes seuls. Il commence à tourner et retourner les pages pour  nous trouver une place : à ce moment là je me suis dit qu'en plus d'être dans un stage qui ne me plaît pas j'allais être avec un chir horrible qu'il avait volontairement essayé de nous éviter. 3 secondes plus tard tout s'est terminé avec un petit "voici ton chir, prends en photo sa tête et retrouve le" (oui à l'hopital il vaut mieux être autonome et ne pas avoir peur de prendre des initiatives sinon on termine plante verte ou on tient les murs, au choix). Je passe les détails et l'absence de réseau, je fini par l'avoir au tel et il me dit de le rejoindre au bloc (au passage sur les 7 j'étais le seul à avoir réussi à joindre mon chir ou à avoir un chir qui n'est pas en repos ou en vacances).

 

Après être allé chercher la petite tenue bleue, je vais au bloc (enfin à l'étage des blocs parce qu'il y en a beaucouppp) et je me change. Déjà premier cliché qui est mort : on y rentre comme dans un moulin, mais vraiment : à partir du moment où on sait où c'est, on sonne et on nous ouvre à la phrase "on est étudiant en médecine". J'arrive dans le long couloir qui dessert toutes les salles et l'ambiance est vraiment très particulière : déjà il fait froid, c'est très très calme, il y a des bruits de scies électriques et de perceuses (on est pas en ortho pour rien) et enfin il y a une "douce" odeur de poulet (ou cochon selon les gens) grillé. Je trouve mon chirurgien, contrairement à mes craintes il est très très sympa (en fait le chef de service n'a sans doute pas voulu me mettre avec lui au début parce qu'il n'a jamais eu d'étudiant comme il est CCA, c'est à dire qu'il n'a terminé son internat qu'il y a 2 ans, mais ça je ne l'ai su que le vendredi). Bref on parle un peu et il me dit qu'aujourd'hui il est au bloc des urgences et qu'il n'y a pas d'urgence... du coup que le mieux c'est que je rentre chez moi. Alors là autant dire que j'étais quand même décidé à faire des trucs pour ne pas avoir fait mon heure de trajet pour rien et je tombe à ce moment là sur deux super externes, je m'empresse de m'incruster dans une opération avec une des externes.


C'était donc la première opération que je voyais (j'étais jamais allé au bloc pendant le stage infirmier), c'est vraiment impressionnant comme environnement : beaucoup de machines (respi tout ça), beaucoup de matériel, des champs stériles partout... mais l'équipe est très sympa (il y a beaucoup de gens dans un bloc : les chirs séniors et internes, IDE, IADE càd IDE anesth, IBODE càd IDE de bloc...). Cette première opération était une prothèse totale de genoux (PTG) : on place des prothèses à la fois sur le fémur, le tibia et la patella + une prothèse qui simule le cartilage. Etonnamment, ça saigne très peu ! L'externe m'a expliqué pleins de trucs sur le bloc, l'externat et l'hopital en général... c'était très enrichissant. C'est aussi fou de voir avec quelle aisance les chirurgiens opèrent et aussi leur rapidité. L'après-midi, il y a généralement peu d'opérations, j'ai juste vu une arthroscopie de la cheville (je sais plus quel était l'objectif...) : c'est une technique peu invasive qui consiste à "gonfler" l'articulation avec de l'eau et observer dedans avec une petite caméra puis faire ce que l'on veut (couper un tendon, réparer un ligament...). L'avantage des arthroscopies c'est qu'on peut tout suivre comme on voit en grand sur l'écran l'intérieur de l'articulation, top pour réviser l'anatomie. (parce que comme on est pas en stérile (pas encore) on doit rester un peu éloigné des chirs donc c'est parfois dur pour bien voir).


Le mardi (enfin), j'étais toute la journée avec mon chirurgien en consultation. Alors oui, les chirurgiens font autre chose qu'opérer (je suis con mais j'y avais pas pensé) et suivent leurs patients. Pour les gens qui ont des problèmes "aigus" ("oups la fracture en ski"), c'est souvent une visite quelques semaines après l'opération puis quelques mois après jusqu'à ce que tout rentre dans l'ordre (et après on revoit plus jamais le patient sauf si il y a un problème) tandis que pour les problèmes chroniques (arthrose...), ça sera plus une consultation avant l'opération puis plusieurs consultations de suivis, de nouvelles opérations... Pour moi, cette dimension de suivi est très importante et d'autant plus satisfaisant en chir ortho parce qu'on peut réellement voir une amélioration de l'état de ses patients (déjà juste à la fin d'une opération de PTG, le patient retrouve l'amplitude articulaire normale alors qu'elle était très diminuée avant).

Par contre le rythme est vraiment impressionnant : vous trouvez que votre ophtalmo est rapide, et bien vous n'avez rien vu (rentabilité T2A tout ça tout ça). Le chir a 3 salles de consultations et se déplace de salle en salle de manière à faire vraiment la partie médicale et ne pas perdre de temps avec les installations... Malgré ce rythme très intense, c'était très enrichissant : j'ai vu pleins de pathologies différentes, et surtout à des stades différents (pré-op, post-op, suivi...). Le chirurgien m'a expliqué beaucoup de cas, il m'a montré les radios et m'a appris pleins de trucs (avec une petite application de nos cours de sémio loco qui étaient encore tout frais, top pour retenir). Après, en tant que P2/D1, c'est souvent dur de trouver sa place en consultation parce qu'on regarde +++. C'était aussi très intéressant de voir des discussions à propos des opérations : présenter le geste, si le patient est prêt ou non, donner les bénéfices et les risques, les modalités de rééducation... bref la relation médecin-patient quoi (et c'est pour ça que je fais ce métier !). 


 

Le mercredi et le jeudi, mon chirurgien n'était pas la (soit il donnait des cours à la fac, soit il consultait dans un CH de périphérie). Il m'a donc proposé de ne pas venir (encore), bien sûr (et comme ça commençait à vrmt me plaire) j'ai refusé donc il m'a gentiment callé dans un bloc avec un de ses potes chir. Sur ces 2 jours, j'ai vu pas mal d'opérations : encore une PTG (et je suis tombé sur un super infirmier qui m'a tout expliqué en détail pendant que le chir était en train d'opérer, c'était top), une reconstruction de bassin suite à une tentative de suicide :'(, 2 ligamentoplasties sous arthroscopie des LCA du genou.... bref pas grand chose à dire sauf que c'était très cool et très instructif (sauf que c'est chiant parce qu'on y voit pas forcément bien parce qu'on est loin et pas en stérile, mais du coup il y a le vendredi ^^). Aussi, j'en ai profité pour poser pleins de questions à l'IADE et à l'anesth à propos des anesthésies et de comment ça marche, très intéressant aussi (et on comprend l'importance des cours de pharmaco !).


Et enfin le vendredi ! C'était annoncé comme être le meilleur jour de la semaine comme c'était la journée d'opération de mon chir et je n'ai VRAIMENT PAS (ça mérite les majuscules) était déçu.

La première opération était une acromioplastie sous arthroscopie : toujours sous arthroscopie donc (c'est amené à se développer +++), ça consiste à "limer" la face inférieure de l'acromion pour soulager un conflit (c'est un problème de structures qui sont trop proches et qui se gênent, notamment la coiffe des rotateurs) et c'était associé avec une ténotomie du biceps (on coupe un tendon qui insère le biceps) pour aussi libérer de la place. Et donc les arthroscopies c'est cool parce qu'on y voit bien (et que c'est moins invasif que tout ouvrir) !

La deuxième opération était une ténolyse du tendon fléchisseur du 5ème doigt : la patiente ne pouvait pas entièrement plier son doigt, du coup on "décolle" le tendon pour lui donner de la mobilité. C'est très impressionnant parce qu'on ne fait qu'une anesthésie locale pour voir si l'opération est efficace : alors que tout est encore ouvert (oui c'est fou à voir), on demande à la personne de plier son doigt et on regarde si ça marche bien. En plus c'est une chirurgie très fine.

 

Et enfin last but not least la dernière opération qui était un retrait de vis et d'un clou gamma (gros clou de 15-20 cm planté dans la diaphyse fémorale) chez un homme qui avait eu un accident de moto il y a 2-3 ans (il avait eu des fractures aux 2 fémurs, et un clou dans chaque, du coup la ct la partie 1 et le 2ème clou allait être enlevé quelques mois plus tard). L'objectif du chir (dans la poursuite de la promotion de la spé) était de me faire faire des "petits" trucs pendant l'opération. La première étape en ortho est d'installer le patient dans la position adaptée selon l'opération, donc là en décubitus latéral (au passage c'est impressionnant de bouger quelqu'un sous anesthésie générale) et de bien le caler. Puis après on désinfecte abondamment la zone (tellement que le sol du bloc est recoloré bétadine). 
Et du coup pour la première fois je me mettais en stérile (juste faire ça, même si après c'est pour regarder, c'est fouuuuuu j'étais excité comme jamais). Le chir m'a tout expliqué, m'a un peu fait flipper avec les erreurs asepsie (il m'a clairement dit ne t'inquiètes pas juste tu prends AUCUNE initiative, du coup je savais pas trop quoi penser ^^) et l'opération a commencé.
Au début je faisais que regarder, c'est impressionnant (encore une fois) de voir à quel point ils sont rapides. Cette fois c'était une opération qui saignait beaucoup (pas de garrot), ça empêchait un peu de bien voir. Tout avançait bien, c'était super cool (tjrs une bonne ambiance au bloc) et là (oui je n'en reviens toujours pas, oui j'y pense depuis une semaine et oui j'ai encore des étoiles dans les yeux) le chir me dit "Tu as déjà monté un meuble IKEA ?". Sur le moment, j'ai vraiment buggé et je lui ai dit "euh oui". Et là il me répond "Ah ben parfait alors je peux te laisser enlever la vis". Et donc je me retrouve avec un tournevis dans les mais à enlever cette vis du fémur. En soi pour eux c'est vraiment le geste le plus classique qu'ils peuvent faire, mais pour moi petit P2 c'était vraiment incroyable. Sur cette lancée, il me laisse enlever aussi les 3 autres vis. À ce moment la, le chir part et je me retrouve avec l'interne (super sympa aussi) pour terminer l'opération. Visiblement lui aussi impliqué dans cette opération promotion, il m'a tout préparé pour enlever le clou (comme ça faisait 2 ans c'était tout ossifié autour) et m'a laissé faire : on bloque le clou avec un espèce de tournevis exprès et après il faut taper avec une sorte de marteau en U pour dégager le clou, c'est très bourrin à faire mais encore une fois incroyable de voir ce clou si long petit à petit sortir du fémur.

L'opération touchait à sa fin, l'interne a recousu le muscle et la couche profonde de la peau des 2 cicatrices et m'a laissé mettre les agrafes (c'est ni plus ni moins qu'une agrafeuse classique mais stérile).


Le stage s'est ainsi terminé sur cette incroyable opération (pour moi, mais tout à fait banale pour eux). Finalement ma vision sur cette spé a totalement changé, on se rappelle du lundi où je me disais que l'opération séduction était déjà perdue d'avance. Après une semaine c'est court pour découvrir une spé, j'ai hâte du stage d'externat pour voir si ça me plaît vrmt +++.

BREF tout ça pour dire que la première année (que ça soit PASS, PACES ou L.AS) est certes très difficile mais que ça en vaut la peine. Vous avez accès à un métier qui vous permet d'être au contact des gens, de préserver/améliorer leur santé et leur quotidien. Je vous souhaite plein de courage et surtout de réussite !

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  • 2 weeks later...
  • Ancien RM

Témoignage stage infirmier

Révélation

Oui 10 ans après, celui du stage de maîtrise clinique viendra un jour

Première semaine : Neurologie générale et maladies inflammatoire du système nerveux (après-midi)

 

Mardi : J’arrive dans le service avec mon pyjama d’hôpital sous le bras (pas le truc qu’ils font mettre aux patients, celui des infirmières et aide-soignantes (AS)). Suivant les consignes que l’on nous a donné, je demande à voir le cadre de santé, qui s’avère être la cadre de santé. Elle me désigne un local pour me changer et me dit de l’attendre quand ce sera fait. Je m’exécute. Elle revient, remarque que je suis assez stressée et me dit que ça ira mieux quand j’aurai commencé à pratiquer (elle était trop sympa vraiment !). Ensuite elle m’accompagne au poste de soins (le QG des infirmières) pour que je pose mes affaires et que je prenne un masque de l’hôpital. Elle me dit de rejoindre une des infirmières avec lesquelles sont mes co-stagiaires (Eva et @audales), et c’est parti ! On fait le tour des chambres pour prendre la tension et la saturation en oxygène des patients, et on apprend à les noter dans leur dossier. On voit notamment la pose d’un cathéter. Les infirmières nous explique que l’une des patientes que l’on va voir est très demandeuse. Concrètement, elle n’arrête pas de sonner pour appeler les infirmières et demander à boire. Comme elle a des problèmes de déglutition, elle ne peut boire que de l’eau gélifiée, et pas trop à la fois pour ne pas avaler de travers. Ensuite on retourne au poste de soins, et une vieille infirmière nous demande ce qu’on attend du stage et nous parle du fonctionnement du service, avec un seul homme, le chef de service qui n’est jamais là (bonjour la parité) ! Elle était très intéressante, et quand les autres infirmières sont parties goûter, on est restées à l’écouter. Et puis elle est partie et on s’est retrouvées toutes les 3 dans le poste de soin, sans savoir où les autres étaient allées. Du coup on en a profité pour faire un peu connaissance, et elles m’ont expliqué qu’il y avait des vestiaires près du distributeur automatique de vêtements (DAV pour les intimes). A 18h on est parti. 

 

Mercredi : Je me change dans les vestiaires dont mes co-stagiaires m’ont parlé la veille, et je monte dans le service. Cette fois-ci, pas besoin d’attendre la cadre de santé ! Je pose mes affaires, prends un masque, et rejoins une infirmière. On prend à nouveau les constantes. Une interne propose à Eva et moi de venir l’aider pour une biopsie de glande salivaire, et, bien sûr, on accepte ! Eva tient donc les lèvres d’un Monsieur (pas facile, ça glisse), pendant que l’interne incise légèrement la muqueuse pour faire sortir quelques petites glandes salivaires accessoires (les petites boules qu’on sent quand on passe la langue contre notre lèvre inférieure. Moi je regarde. L’interne nous a dit que si on se sentait mal il fallait sortir de la pièce et s'asseoir (parce que s’évanouir devant le patient c’est pas terrible quand même), mais c’est pas très impressionnant, ça saigne à peine, et tout va bien. Quand on revient au poste de soin, les infirmières et AS sont à nouveau parties goûter, donc on goûte aussi de notre côté et à 18h on part.

 

Jeudi : Aujourd’hui pendant la tournée des chambres on nous montre comment faire un électrocardiogramme (ECG) ! Il permet de savoir si on peut donner certains médicaments qui pourraient aggraver une anomalie cardiaque. Je vois aussi un change de la patiente “très demandeuse”. Je n’ai pas l’habitude d’être confrontée à la nudité et n’est pas anodin. Puis, une autre interne nous propose de l’aider pour une ponction lombaire ! Elle nous montre l’endroit ou piquer (pile en face des crêtes iliaques, entre 2 vertèbres), et nous permet de le sentir avec nos mains. Je suis un peu gênée de toucher le patient juste pour voir où c’est mais je le fais quand même. Ensuite Eva désinfecte le dos du patient en 4 temps, l’interne pique, et me dit de mettre des gants stériles. Je me désinfecte d’abord les mains, comme ils disent dans le cours d’hygiène hospitalière. Grossière erreur ! J’ai les mains qui collent et je galère pour les mettre, et perds la stérilité, qui heureusement, n’était pas vraiment nécessaire. Je tiens les fioles pour recueillir le liquide cérébro-spinal qui sera analysé. L’interne nous explique que le patient a un cancer au cerveau, et que cet examen vise à déterminer si les cellules tumorales ont atteint ce liquide, pour décider comment réaliser la chimiothérapie : si elles l’ont atteint, on pourra faire une chimio intrathécale. Ensuite, l’externe nous donne des gants stériles pour qu’on puisse s’entraîner à les mettre, et nous conseille. On nous dit que l’on peut descendre pour voir un  xxx, donc nous y allons. Cependant, lorsqu’on arrive là où ils ont lieu, une femme nous explique qu’il faut prévenir à l’avance, et comme on finis notre stage ici le lendemin c’est trop tard.. On s’entraîne à mettre les gants, on goûte et on discute jusqu’à 18h.

 

Vendredi : On voit à nouveau une ponction lombaire (où cette fois-ci je passe juste les tubes à l’interne) et une biopsie des glandes salivaires. La femme a qui on fait ces examens pour chercher des maladies rares, parce qu’on ne sait pas ce qu’elle a, est très stressée par la ponction lombaire. On lui donne donc du méopa (protoxyde d’azote + oxygène), et elle prend la main d’une de mes co-stagiaires. Je fais aussi la désinfection en 4 temps pour une biopsie de peau, qui consiste à prélever un petit morceau de peau au niveau du mollet. J’apprends enfin à faire un lit au carré. Eva fait un ECG, supervisée par une infirmière, et plus tard je fais un ECG, supervisée par Eva (ça arrange bien les infirmières qui n’avaient pas du tout envie de faire ! ^^). Maintenant qu’on a l’habitude, au lieu d’attendre sans rien faire pendant que les infirmières et AS goûtent, on va voir ce qu’il se passe quand les patients sonnent, et on apporte notamment un compote, une madeleine et de de l’eau à une patiente qui a faim, et à boire à la patiente qui sonne très souvent pour demander de l’eau gélifiée.


 

Deuxième semaine : chirurgie plastique (matin)

 

Lundi : J’arrive avec mon pyjama d’hôpital et ma blouse sous le bras (parce que cette semaine j’ai une blouse sur ma carte du distributeur automatique de vêtements. Une AS me montre la salle de repos, et me dit que la prochaine fois il faudra que je me change avant de venir. Comme j’ai vu que les AS et infirmières ne portent pas de blouse ici non plus, je mets juste le pyjama, et je rejoins Eva, une infirmière et une AS. Comme en neuro, on fait le tour des chambres, mais ici on prend la température en plus, et les infirmières refont les pansements des patients. Je vois un patient avec 2 grosses escarres au niveau des têtes fémorales (ça ressemble à des disques de chair complètement à vif, je me demande si on ne voyait pas un peu l’os, mais très propres), et un lambeau sur la cuisse. Je suis soulagée de ne pas me sentir mal. Plus tard, je donne à manger à ce patient.

 

Mardi : Aujourd’hui je suis avec une autre infirmière, et une étudiante en école d’infirmière, Marion (hier elle était avec @audales). Du coup on voit d’autres patients. Puis on va voir un patient qui s’est brûlé la jambe avec le pot d’échappement de sa moto, qui nous dit presque fièrement qu’il n’a cassé qu’un rétro ! Par contre il s’est brûlé au troisième degré.. Il a un peu de peau synthétique recouverte de plastique. Quand il bouge le pied, on voit son tendon bouger et ça le fait rire ! Bon c’est peut-être en partie dû au méopa, mais il nous assure que non. Je prépare aussi un cathéter en mettant une solution de fer dedans, et en faisant couler le liquide dans le tuyau pour pas qu’il reste d’air (ça s’appelle purger la tubulure). Enfin l’AS me prévient que le prochain patient est particulièrement impressionnant. En effet, il a eu une greffe de peau sur toute la jambe droite, car il a eu une dermo-hypodermite nécrosante (moi aussi je sais totalement ce que c’est), et la peau provient de son autre jambe. Pour les greffes, les chirurgiens prélèvent de la peau et l’étirent en faisant plein de trous, ce qui donne à la greffe un aspect grillagé. Ladite greffe est maintenue par des agrafes qu’il faut retirer. Je lui en retire une avec les conseils de l’infirmière, puis je lui tiens le pied pour qu’il garde sa jambe en dedans et que l’infirmière et Marion puissent lui retirer une partie des nombreuses agrafes restantes. 

 

Mercredi : Aujourd’hui je suis avec une autre infirmière mais toujours avec Manon. Je porte la jambe du patient d’hier par son pied pour qu’elles puisse lui enlever toutes les agrafes qu’il reste. En salle de pause, j’entend 2 infirmières/AS discuter (gossip time). Elles parlent d’une patiente du service qui a été opérée des sinus. Je l’ai vue, elle a tout le visage dans des bandages, avec quelque chose de rigide (peut-être du plâtre) au niveau du nez). Les infirmières disent qu’elle a été opérée par un certain Benoît, et qu’elle travaille avec ce chirurgien ! Elles ne comprennent pas que la patiente ait choisi d’être opérées par lui, parce qu’apparemment Benoît fait des expérimentations lors de ses chirurgies plutôt que d’aller au plus simple, ce qui donne des bons résultats à long terme mais est plus douloureux à la sortie du bloc. Après la pause, Marion me prend un peu sous son aile et on va voir plusieurs patients sans l’infirmière. Elle me montre notamment comment utiliser les pinces du set à pansement et je nettoie la plaie du motard brûlé. On vide aussi les classeurs des patients qui sont partis (pas passionnant mais ça fait toujours plaisir d’être utiles !). Ensuite, mes co-stagiaires et moi allons voir les internes pour leur demander si on peut aller au bloc. Ils nous disent de revenir demain ou vendredi à 2 max, et une d’entre eux nous montre comment s’y rendre. Eva et @audales iront demain, moi vendredi. Je doit aller au bloc de Benoît, et je le code du casier pour mettre mes affaires.

 

Jeudi : Je suis la seule stagiaire dans le service, car mes co-stagiraires sont au bloc.. et que Marion a peut-être le COVID ! L’infirmière me demande d’aller prendre les constantes d’un patient. Quand je reviens elle me demande s’il a des douleurs. Je répond qu’il ne m’en a pas parlé et elle m’informe que demander si les patients ont des douleurs fait partie de la prise des constantes. Je le saurai pour les prochaines fois ! Le chirurgien vient voir une femme dont il a aplani le ventre et refait les fesses, et il la prend en photo. Je trouve ça étrange cette manière de photographier un corps, probablement pour dire “voilà mon oeuvre”, surtout qu’il n’a pas demandé l’avis de la patiente sur le moment (peut-être l’a-t-il fait avant l’opération). Elle peut marcher un peu mais pas se baisser. La phrase (que je déteste) « il faut souffrir pour être belle » prend tout son sens.. On finit le tour assez tôt, et je vais voir quelques patients qui sonnent. Avant de partir, je donne à manger au même patient que lundi.

 

Vendredi : J’arrive un peu plus tôt parce que c’est le grand jour : je vais au bloc. N’étant pas sûre d’avoir des masques à disposition, j'ai pris celui de chez moi qui se rapproche le plus de ceux de l’hôpital (j’ai que des masques en tissu..). Je vais chercher le pyjama bleu, et je me rends compte que je ne sais plus comment on va au bloc. J’appelle @audales qui me réexplique (encore merci d’ailleurs !). Je me change, je mets mes affaires dans le casier dont les internes nous ont donné le code, j’enfile des crocs (Quoi ? Je ne vais pas à un défilé de mode), et une des femmes dans la pièce m’indique que je dois aussi mettre une charlotte. Après un moment de confusion devant l’étagère avec le matériel, je prends un truc vert, et je demande à la femme si c’est bien ça Elle me répond oui comme si c’était évident.  Une fois que j’ai trouvé comment elle s’ouvre, je l’enfile, et j’y vais ! Normalement les internes nous ont dit qu'il y aurait les noms des chirurgiens sur devant les blocs, et je cherche celui de Benoît. Une femme me demande de lui mettre une visière (elle a mis des gants stériles et ne peut plus le faire elle-même, et j’en profite pour lui demander où se trouve le bloc que je cherche. Il s’avère que c’est aussi celui où elle va, et qu’on est juste devant ! On entre ensemble. Le patient est déjà là, endormi. Il ne respire plus ! Ils essayent donc de l’intuber, mais ils ont du mal. Ils lui enfoncent un objet recourbé dans la gorge et lui tirent le cou avec. On dirait que c’est lui qui soulève sa tête. J’ai peur qu’ils n’arrivent pas à l’intuber et qu’il meure. L’électrocardiogramme, qui montre que le cœur bat toujours me rassure un peu. Ils finissent par réussir à l’intuber et une larme silencieuse coule sur sa joue. La violence de la scène me frappe. Ensuite ils lui mettent du scotch sur les paupières. Pendant ce temps, les infirmières et aides soignantes préparent tout le matériel. L’une d’elles m’explique que le patient va être opéré pour la maladie de Verneuil, qui est une infection des glandes sudorales. Le chirurgien arrive, et me rends compte que c’est celui que j’ai vu plusieurs fois dans le service, notamment avec la patiente opérée des sinus (non je n’avais pas retenu son prénom). Une interne arrive avec lui. Elle me demande de mettre des gants et de tenir le bras du patient pendant qu’elle entoure la zone à opérer. Elle fait un rond autour de l’aisselle, et 2 arcs de cercles qui font comme une ellipse pointue sur son bras. Un infirmière informe le chirurgien que le patient voudrait qu’ils lui enlèvent les 2 petits kystes qu’il a sous le menton. Ensuite, ils mettent le patient sur le ventre, sur une autre table, avec un espèce de coussin gélatineux sous la tête et des bandes de la même matière sous les bras. Ils font les marques autour des tâches qu’il a sur la nuque, qui sont des glandes infectées.Ils désinfectent sa nuque et couvrent tout le reste du corps du patient par des champs stériles. Et ils opèrent. Ils coupent au scalpel le long des traits qu’ils ont tracé, et ils enlèvent la peau en coupant dans le gras avec un outil qui cautérise en même temps. Le chirurgien coupe une des glande et fait comme s’il allait la manger (alors qu’il a son masque bien sûr). Il me fait : “Tu veux goûter ?”. Je suis très mal à l’aise mais je choisi de répondre par l’humour aussi : “Non merci j’essaye de manger moins de viande”. Il recousent la plaie qu’ils ont ouverte. L’aiguille pour faire les points est recourbée et ils la plantent par le dessous de la peau. Et hop ils referment le trou. 

 

Ils repassent le patient sur le dos, ils lui écartent les bras sur des petites plaques qui se déplient, avec de la gélatine dessus, et ils lui opèrent les aisselles : Benoît d’un côté, et une fille (une interne sans doute) de l’autre. De la même manière que dans le cou, il enlèvent la peau de sous ses aisselles. Ils coupent aussi un lambeau de peau dans chaque bras, et ils le tournent pour le mettre sous son aisselle et combler en partie le trou précédemment réalisé. Ils referment le tout. C’est donc comme ça que sont faits les lambeaux que j’ai vu sur les patients du service ! 

Lorsque le chirurgien a fini son côté, il s’en va, alors que la fille est encore en train de recoudre. Elle finit. Puis le patient commence à bouger : il se réveille. On lui enlève le scotch sur les yeux. Il veut enlever le tube qu’il a dans la bouche, on l’en empêche. Une femme lui dit “Doucement, tout va bie, vous êtes en train de vous réveiller”. Et ils l’emmènent en salle de réveil. 

 

Je sors du bloc, je les regarde partir. Et une femme me propose de voir une opération dans le bloc d’à côté, qui démarrera plus tôt que la prochaine de Benoît. J’y vais donc. Le patient est déjà là. C’est un homme qui a un buste très large. La femme m’explique qu’il a déjà été opéré d’une gynécomastie (parce qu’il avait des seins), et qu’ils vont lui enlever de la graisse sur le côté. Un homme dit que le patient pèse 110 kg, et qu’il est très grand. Comme tout à l’heure, et toujours en musique, ils tracent au feutre l’endroit où ils vont couper. Ca fait un triangle sur le côté de la base de ses côtes. Ils désinfectent, et la femme qui m’avait proposé de voir l’opération coupe comme lors de l’opération précédente, au scalpel puis avec l’outil qui cautérise. La différence est qu’ils coupent plus profondément pour retirer la couche de graisse. Elle prend aussi un tuyau pour aspirer la graisse (la fameuse liposuccion) en l’enfonçant et le retirant de sous la peau. Un fois que c’est fait, elle prend les deux bords de la plaie et les recoud ensemble. Puis même chose de l’autre côté. En opérant ils discutent, et notamment d’une patiente transgenre qui a un très bon passing, et qui est toujours notée de sexe masculin dans son dossier médical. L’opération prend du temps, et le bloc d’à côté, qui a commencé après, finit avant nous. Ils en avaient parlé tout à l’heure : c’était une femme qui avait demandé à se faire grossir les seins, et voulait qu’ils lui en rajoutent plus que c’était raisonnable, surtout qu’elle avait une petite poitrine de base, donc ils en ont mis beaucoup moins. 

 

Quand l’opération est finie, il est tard. Je me change, et en rentrant chez moi, j’éclate en sanglots. Cette matinée m’a ébranlée.

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  • RM

Super témoignage @Jadilie, tu raconte super bien ! On sent que ce stage t'as beaucoup touché..

T'as super bien réagi face a benoit le cannibale, je crois que perso j'aurais vraiment bouffé la glande de peur de contredire le chirurgien ^^ (évidemment c'est faux)

 

Merci ❤️ 

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