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Témoignage stages d'observation Ma2


Pimprenelle
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  • 2 weeks later...
  • 3 months later...

Salut ! Devenir sage-femme est mon rêve depuis mon enfance (une vocation quoi ahah). Je suis triplante et je ne l'ai manqué qu'à une place l'année dernière… autant vous dire que ça commence à être long ! J'ai pleuré tout le long de vos témoignages, non seulement parce qu'ils sont bien écrits, mais aussi parce que j'aurais pu déjà être à votre place… Je peux dire que je la mérite amplement cette place, avec tout ce qu'il m'est arrivé jusque là !!  Il me tarde tellement de vivre tout ça ! M'enfin, je n'y suis pas encore… Mais je croise les doigts pour enfin être admise 🤞

Merci à vous, ça aide à garder de la motivation (même si je n'en manque pas)☺️

 

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  • 7 months later...
il y a 8 minutes, rorovarien a dit :

Bonjour, est-ce qu'il y d'autres témoignages qui vont arriver ? ☺️

Salut ! 

Nous n'avons pas eu le stage d'observation qui devait avoir lieu fin août à cause de la crise sanitaire. Cependant, nous auront nos premiers vrais stages en janvier ! Nous avons trois sortes de stages différents : salle de naissance, suites de couche et soins infirmiers. Je me doute que ce sont des témoignages sur la salle de naissance qui t'intéressent... Nous n'avons pas tous les stages dans le même ordre et en même temps. Pour ma part, j'ai celui-là à la fin de l'année, je ne pourrai témoigner que fin mai. Mais peut-être que certains de mes collègues pourront le faire dès janvier ? 

Je leur ferai passer le mot 😉

 

En attendant, bon courage et prend soin de toi 😘

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il y a 4 minutes, Lolokz a dit :

Salut ! 

Nous n'avons pas eu le stage d'observation qui devait avoir lieu fin août à cause de la crise sanitaire. Cependant, nous auront nos premiers vrais stages en janvier ! Nous avons trois sortes de stages différents : salle de naissance, suites de couche et soins infirmiers. Je me doute que ce sont des témoignages sur la salle de naissance qui t'intéressent... Nous n'avons pas tous les stages dans le même ordre et en même temps. Pour ma part, j'ai celui-là à la fin de l'année, je ne pourrai témoigner que fin mai. Mais peut-être que certains de mes collègues pourront le faire dès janvier ? 

Je leur ferai passer le mot 😉

 

En attendant, bon courage et prend soin de toi 😘

Super! merci pour ta réponse, ils m'intéressent tous mais c'est sûr que celui en salle de naissances est le plus intrigant pour moi ! 

Merci à toi ☺️

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  • 1 month later...

Hello !

Je viens vous faire un petit témoignage du premier accouchement auquel j’ai pu assister 🥰, alors cette année c'est un peu spécial car le stage d'observation a été annulé à cause du COVID donc le premier que j'ai vu était lors de mon stage en salle de naissance 

 

C’était lors de mon premier jour de stage, le début de la journée avait été assez difficile puisque j’ai fait 2 malaises à cause du stress, mais l’équipe à été extrêmement bienveillante. Pour cette raison j’ai cru qu’ils ne me laisseraient pas assister à un accouchement mais je crois qu’ils ont vu que je m’étais bien remise et j’avais tellement insisté pour rester et ne pas rentrer chez moi… Ca faisait 2 ans et demi que j’attendais ce stage, attendre un jour de plus était pour moi impensable, même si j’étais extrêmement stressée et fatiguée car je n’avais pas beaucoup dormi la nuit, je voulais enfin entrer dans le vif du sujet et faire, voir ce dont je rêve depuis tant de temps.

 

Ce jour-là je pensais donc ne pas en voir de la journée alors lorsque l’auxiliaire de puériculture que je suivais m’a annoncé que j’allais y assister j’étais surexcité, après deux ans et demi de théorie, j’allais enfin voir comment se déroule un accouchement et en vivre toutes les émotions 😍.

 

C’était un jeune couple et un premier enfant, c’était tout nouveau pour eux, ils étaient vraiment trop mignons.

Dans la salle il n’y avait que moi, une sage-femme et l’auxiliaire de puériculture. La sage-femme a tout préparé pour l’accouchement, j’ai aidé l’auxi à préparer tout ce qui allait servir pour les premiers soins du bébé et, enfin, l’accouchement a démarré. J’ai été vraiment très étonné par le calme dans lequel s’est fait cet accouchement, le fait que la femme ait la péridural y était pour beaucoup car elle n'avait pas mal donc elle ne criait par de douleur, mais l’ambiance était tamisée, on avait baissé les volets et les lumières, et j’ai trouvé ça vraiment sympa pour les parents.

 

Comme elle avait la péridurale et que c’était son premier, la femme avait du mal à sentir les contractions donc la sage-femme l’aidait. Pendant qu’elle poussait tout le monde l’encourageais : le père, la sage-femme, l’auxi et moi par la pensée haha (encore trop timide pour m’exprimer à ce moment-là). Entre deux contractions tout était calme, on entendait juste le bruit du monitoring. Et puis à un moment elle pousse et on voit vraiment bien la tête du bébé qui se bloque et ne remonte plus à la fin de la poussée, c’est là que la sage-femme appelle la gynécologue (oui car à la clinique rive gauche où je fais mon stage ce sont les gynécos qui finissent les accouchements).

 

Celle-ci arrive assez vite, pendant ce temps la femme a eu le temps de pousser un peu. Peu de temps après l’arrivée de la gynéco le bébé sort enfin, on le met directement sur le ventre de la maman, la petite fille tant attendu est né mais elle ne crie pas. J’ai toujours pensé que le bébé criait systématiquement dès qu’il sortait mais on m’a expliqué que tant que le cordon n’est pas coupé il n’y a rien d’anormal à ce qu’il ne crie pas. Donc le papa coupe le cordon et là, enfin, un cri, les parents sont super émus et moi quasiment autant qu’eux. On laisse alors le bébé avec la mère un tout petit peu, après tout ces efforts, ça y est elle est sortie et bien là, tout contre elle 🥰.

 

Puis l’auxi le prend pour faire les premiers soins. Elle clampe le cordon, vérifie que la petite n’ait pas de gêne respiratoire, ce qui n’est pas le cas, elle est bien rose, respire bien, le premier examen est parfait. On la pèse et on propose au papa d’annoncer le poids, c’est donc une petite fille pas bien grosse de 2 kilos environs qui est né. On lui met ensuite le bracelet, la couche, la petite est toute calme pendant tout ce temps et moi je fonds de l’intérieur.

 

Puis on propose au papa de faire du peau à peau pendant que la gyneco s’occupe de la maman a qui elle fait quelques points de suture (petite déchirure superficielle pas grave du tout, on m’explique). Le papa accepte, donc l’auxi place bien la petite, la couvre bien et le père profite ainsi de ces premiers instants avec sa fille.

 

Une fois que la mère est remise confortablement sur son lit, on lui met sa fille en peau a peau, on la couvre bien et on laisse le couple profiter de ces premiers moments magiques.

 

Moi je sors de là le sourire aux lèvres, me disant que j’ai vraiment choisi un des plus beaux métiers du monde 🤗.

 

Alors évidemment j’ai eu la chance que le premier accouchement que je vois se passe extrêmement bien, sans accrocs. Ça n’a pas été le cas de tous les accouchements que j’ai pu voir évidemment mais même si on doit utiliser la ventouse, les spatules… la joie des parents quand ils découvrent leur bébé pour la première fois est indescriptible.

 

Voilà, voilà, je suis pas très bonne en écriture mais j’ai fait ce que j’ai pu mais je tenais à vous faire ce témoignage car je sais que vous vivez une période pas facile avec l’attente des résultats, j’espère que ça vous motivera parce-que vraiment, croyez-moi, tout ça en vaut le coup ! 💗

 

Courage ! 💛

 

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Il y a 1 heure, Lénouillette a dit :

@Nébulette Merci pour ce témoignage qui fait toujours chaud au cœur, ça fait plaisir de voir des nouveaux parents heureux (et toi par la même occasion), on souhaite tout le bonheur du monde à cette petite fille 🤩

ouiii ! merci beaucoup !

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  • 3 weeks later...

Hey ! 

Me voilà quelques jours après mon stage en suites de couches. Je me suis dit que cela pourrait en intéresser quelques uns ! 

 

Je l'ai fait dans le service de Paule de Viguier (Purpan) qui est réputé pour être très attrayant. Effectivement, ça rentre, ça sort comme à l'usine ahah (pas trop ma vision des choses mais bon). De plus, c'est un hôpital qui accueille des cas pathologiques ou difficiles. M'enfin, je ne vais pas m'étaler sur les choses qui ne m'ont pas plus en rapport avec ce service en particulier (c'est différent ailleurs, à Rive Gauche par exemple) mais sur ce que j'ai beaucoup aimé ☺️

 

En suites de couches, les mamans restent en moyenne trois jours (deux en cas de sortie prématurée, plus en cas de surveillance particulière). Les sages-femmes y font des gardes de 12h : relève du matin à 7h10 et celle du soir à 18h30. Elles travaillent donc soit de jour, soit de nuit. De jour, il y en a trois par secteurs : deux par couloir et une transverse qui fait les soins sur deux couloirs. Chacune a une dizaine de patientes à suivre dans la journée (sauf la transverse, elle est à part). Il peut y en avoir moins si certains lits sont vides, mais ces derniers sont vite remplis... 

 

Le matin, les deux sages-femmes du jours choisissent une moitié de couloir pour avoir chacune ses dix patientes. Elles choisissent en fonction de leurs gardes précédentes ou bien selon leurs envies ahah. Bref. Après la relève avec la garde de nuit, elles vont voir les patientes une à une pour les examiner (tension, pouls, température, seins, cicatrice de césarienne, périnée...), leur donner des conseils, les écouter... Le premier jour de stage je n'ai fait qu'observer mais elles m'ont très vite donner des choses à faire. Au final, à la fin du stage, j'avais déjà gagné en autonomie : prise de sang, enlever des cathéter, soins de pansement, faire des examens, répondre aux questions, donner des conseils, aider à la mise au sein,... Au début du stage je me sentais gauche et maladroite, je ne savais pas comment m'adresser aux parents. Cependant, les sages-femmes que je suivais ont su me mettre en confiance et à la fin du stage, j'aimais passer du temps à écouter les parents, les aider, les soutenir... 

 

En parallèle des sages-femmes, il y a des auxiliaires de puériculture (bains, pesés, soins du cordon,...), des pédiatres (examen du bébé)... Il est bien de les suivre aussi, car il faut qu'on sache faire tout cela ! Et puis c'est super intéressant de voir comme chaque personnel de l'équipe est indispensable à son bon fonctionnement. Chacun a son rôle bien défini 🙂

 

Ce stage a été très riche en émotions ! J'ai l'impression d'avoir appris énormément de choses en trois semaines. J'ai eu pas mal de doutes sur mes capacités qui se sont évanouis au fil du stage... J'en garde de merveilleux souvenirs 🥰

 

Je ne sais pas trop quoi raconter au final, mais je serais ravie de répondre à vos questionnements ! 

 

Je vous souhaite bon courage pour la suite 💪😘

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  • 1 month later...
  • Ancien RM

BONJOUR bonjour !!!! 😍

 

Me revoilà en force pour vous livrer un 2nd témoignage des études de sage-femme. C'était pendant une garde de nuit en salle de naissance en tant qu'étudiante en 3ème année 🤗

 

Ce témoignage est aussi dans le poly OREO que vous trouverez dans la librairie aux côtés de dizaines et dizaines d'autres témoignages toutes filières confondues. C'est vraiment une pépite ce poly et une grande source de motivation, allez le voir !!😍 

 

 

 

Encore une fois si vous avez la moindre question venez m'en parler en privé j'y répondrais avec graaaaaand plaisir ! ❤️

 

Maintenant j'espère que vous êtes installés confortablement et que vous avez du temps devant vous ... 

 

( Les prénoms ont volontairement été changés pour garder le secret médical, ainsi que le poids du bébé et l'heure de naissance ! 😊 )

 

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Une nuit d’anniversaire pas comme les autres

 

Je marche. Des gants protégeant mes mains moites, une écharpe cachant mon cou et un masque devenu quotidien pendant cette période particulière, mais dissimulant parfaitement mon nez rouge. Il fait froid. Très froid.

 

Il est 19h30. Je suis devant la maternité. Je commence ma garde dans 15 min. C’est ma deuxième garde de nuit. Je n’ai dormi que 5h la « nuit » dernière si on peut appeler ça une nuit de dormir de 9h à 14h. Un sommeil agité par les angoisses et le stress de ma prochaine garde et la joie de la garde que j’avais faite.

 

La fatigue commence déjà à se faire ressentir. Mais 12h c’est quoi ? C’est 2 x 6h, 6h c’est 3 x 2h et puis 2h c’est 2 fois 1h, c’est du pipi de chat comme on dit aha, c’est rien en fin de compte !

 

D’un pas peu sûr dans mes Van’s abîmées, je vais jusqu’aux vestiaires des étudiants sages-femmes. Il y a déjà une étudiante en 5ème année qui se change. Je ne l’avais jamais vue auparavant, mais au moins je ne serais pas la seule étudiante et cela me rassure.

 

Je vais devant mon casier, ouvre le cadenas, sort ma tenue blanche … tout en pensant à ma garde imminente. J’avais peur de ne pas être à la hauteur, de faire mal les choses, de ne pas assurer, de tomber de fatigue… Beaucoup de gens nous disent « c’est normal, tu es en 3ème année, tu as le temps pour apprendre », mais on a envie de faire tout bien, de ne pas se sentir inutile devant une situation qui nous dépasse. D’être opérationnelle, mais ce n’est pas le cas et c’est NORMAL !

 

Je clipse mon badge avec mon prénom et l’intitulé « étudiante sage-femme » sur mon t-shirt immaculé, non pas peu fière quand même.

 

Je suis l’autre étudiante et on arrive toutes les deux.

 

LE BLOC NAISSANCE

 

Il est 19h44.

 

Il y a pas mal d’agitation autour de moi. Des hommes. Des femmes. Se pressant devant le grand tableau ardoise taché d’écritures détaillant les patientes dans les « box » de naissance. Sortant de la salle pour aller chercher l’échographe. Cliquant sur le rythme cardiaque du bébé de la salle 3. Cherchant l’agrafeuse pour compléter le dossier de la patiente qui a accouché à 18h43. Choisissant un chocolat dans la boîte qu’un couple avait sans doute laissé pour remercier l’équipe.

 

Je pose mes affaires dans un coin qui ne gênera pas et je me poste devant cet immense tableau. Il y a plusieurs patientes en travail, une à 5 cm avec un bébé en siège (c’est-à-dire qu’au lieu de se présenter par la tête, il se présente par les fesses), une à 4 cm, une en Bishop 4, une à complète et 2 accouchées.

 

Il y a plusieurs petits groupes dans la pièce : c’est le moment des relèves. Moment extrêmement important pour pouvoir assurer la suite de la prise en charge dans les meilleures conditions. Pour nous et pour les patientes. J’essaye de me rapprocher de 2 sages femmes parlant entre-elles de la patiente qui est à complète.

 

« … patiente sans problème pendant la grossesse… couple adorable… bébé avec un bon rythme cardiaque pendant le travail… un peu tachycarde quand la maman a eu de la fièvre… »

 

Je n’entends pas tout car il y a énormément de brouhaha dans la salle. Je me rapproche un peu plus et là les sages-femmes lèvent les yeux vers moi. Elles n’avaient pas remarqué ma présence jusqu’à présent.

 

« Bonjour je suis Juliette, étudiante en 3ème année »

 

Moment où j’ai toujours du mal à m’imposer car je ne veux pas déranger les sages-femmes dans leur travail, mais moment indispensable pour commencer sa garde. Je me tourne vers la sage-femme qui fait cette nuit.

 

« Est-ce que je peux te suivre pour cette garde ? »

 

Ces mots sortirent avec peu d’assurance de mes lèvres gercées par le froid. J’avais toujours cette  peur qu’elle dise non. Car oui c’est possible qu’une sage-femme ne veuille pas ou ne puisse pas encadrer une étudiante.

 

Elle me sourit.

 

« Bien sûr »

 

Je m’assieds à côté des sages-femmes pour la fin de la relève.

 

« Il va falloir s’installer pour cette patiente, cela fait 2h30 qu’elle est à complète »

 

Généralement on patiente 2h lorsque le col de la patiente est dilaté à 10 cm avant de la faire pousser. Le bébé peut alors finir de se tourner dans le bon sens et descendre suffisamment dans le bassin pour que cela soit moins fatiguant. Pour la maman. Et pour le nouveau-né.

 

Le début de cette garde allait être prometteur. De quoi me mettre dans le bain et de me sortir de cette fatigue épuisante.

 

La sage-femme de jour nous fait la relève de sa 2ème patiente. Le bébé en siège.

 

Margaux, celle que je suis cette nuit, se tourne vers moi, les yeux légèrement bridés laissant transparaître un sourire sous son masque bleu.

 

« On y va ? »

 

J’acquiesce. C’était seulement ma 2ème garde ici et j’essayais de me rappeler les automatismes à avoir pour un accouchement.

 

LE SYNTO

 

Je prends 3 ampoules d’ocytocine dans le frigo : 1 pour la délivrance dirigée au moment du dégagement des épaules et 2 pour améliorer les suites de couche immédiates de la patiente et éviter les saignements.

 

Margaux était déjà partie dans la salle d’accouchement. Je regarde à nouveau le tableau à côté des rythmes des bébés.

 

BOX 5

 

Je pars sur la gauche. Bien sûr c’était à droite… Il ne fallait pas trop compter sur mon sens de l’orientation, surtout dans ce bloc.

 

Je frappe 2 fois avant d’entrer et je pousse fort la porte avec mes ampoules de synto dans la main gauche qui manquent de se briser en mille morceaux au sol. Je les pose sur la paillasse et m’approche des futurs parents.

 

La maman a les traits tirés de fatigue. Elle est allongée avec la main de son compagnon dans la sienne. Il la regarde avec tendresse et lui murmure :

 

« Ça va être le moment, je sais que tu es épuisée mais pense à notre fille. Nous allons enfin la rencontrer »

 

Il clôture ces belles paroles en lui faisant un baiser sur le front.

 

« Bonsoir »

 

J’essaye de mettre de l’entrain dans mes mots pour capter l’attention du couple que j’allais accompagner. Un accompagnement qui allait être court. Court mais intense.

 

« Je suis Juliette, étudiante sage-femme, je serai là pour votre accouchement »

 

Ils approuvent ma présence par un grand sourire et un hochement de tête.

 

La sage-femme et l’aide-soignante s’activent déjà autour de la patiente. Monter le lit. Les étriers. Ouvrir la table d’accouchement. Recapter le cœur du bébé. Orienter la lumière correctement.

 

Je vais pour me laver les mains. L’eau chaude brûle mes égratignures engendrées par le contact incessant du gel hydro-alcoolique sur ma peau abîmée.

Empoignant mes ampoules de synto, je m’approche de la maman.

 

« Vous avez déjà le prénom de la petite ? »

 

Adèle.

 

Je lance les paris sur le poids. 3150 g pour maman, 2830 g pour papa, 3010 g pour moi. Une galette est en jeu on ne rigole pas !

 

Mes seringues de synto prêtes, je les mets proches de la perfusion de la patiente.

 

Tout en analysant ce que la sage-femme fait, je m’équipe pour l’accouchement : charlotte, tablier. C’est en mettant ce tablier transparent que je prends conscience de mon rôle. Le froissement du plastique sur ma tenue blanche. Le bruit des pinces que la sage-femme dispose correctement sur le champ bleu. L’aide-soignante rassurant la patiente. Les yeux de Margaux qui me disent de mettre mes gants stériles.

 

Je pioche dans l’armoire au fond de la salle. Taille 6 et demi.

 

Je les ouvre délicatement pour les garder en stérile. J’attrape le bout inférieur et les mets. Non sans difficulté, les ajuste plusieurs fois pour que je sois à l’aise.

 

Ça y est, je suis prête. Prête à accompagner ce couple et surtout cette maman que je connais depuis quinze minutes seulement. Prête à écouter Margaux. Prête à prendre ses conseils. Prête à rassurer et encourager la patiente. Je suis prête.

 

L’aide-soignante se place à droite de la patiente, sur un petit escabeau. Elle pose sa main recouverte d’un gant sur le ventre de la maman. Un ventre extrêmement beau. Arrondi comme il faut. Décoré d’arabesques accompagnant parfois la métamorphose de la grossesse.

 

Elle essaye de ressentir les contractions avec sa main pour guider la patiente qui ne les sent pas beaucoup à cause de la péridurale.

 

Il y en a une.

 

Il est 20h08.

 

« Prenez de l’air. Bloquez. Et poussez »

 

En même temps que je parle, j’imite les gestes à faire. Pour que la patiente comprenne mieux. Pour lui donner de la force dans la dernière ligne droite de ces 39 semaines. Pour qu’elle se sente soutenue. Et entourée.

 

Son compagnon a déjà les larmes aux yeux.

 

Elle pousse très bien. La tête progresse très bien. Les joies des deuxièmes bébés !

Je regarde les gestes de la sage-femme. Le mimétisme. J’imagine faire le même jeu de mains. En même temps que Margaux.

 

Je me trouve à coté de la sage-femme qui est devant la patiente.

 

« On y retourne. Tout de suite. Inspirez. Bloquez. Et poussez de toutes vos forces »

 

Le papa soutient sa femme physiquement en lui mettant la main sous la nuque. Et mentalement en lui chuchotant des mots dont lui seul a le secret.

 

La maman donne tout ce qu’elle a. Vraiment. Elle est forte. Très forte.

 

La sage-femme l’encourage aussi ! Moi aussi, mais peut-être un peu plus timidement. On a l’impression d’être ridicule à crier de pousser à quelqu’un. Vraiment.

 

« Une dernière fois »

 

On lit l’épuisement sur son visage. Épuisement des toutes premières contractions ressenties à la maison. Contractions qui ont continué. Se sont rapprochées. Intensifiées. Épuisement du travail qui a été relativement long. Douloureux. Éprouvant.

 

La dernière poussée n’est pas efficace, mais son bébé est bien descendu dans le bassin. Il n’est pas encore bloqué sous la symphyse, mais la prochaine contraction sera la bonne. J’en suis sûre.

 

Pschiiitttttt. En tant que bon assistant, son compagnon lui fait un petit coup de brumisateur sur le visage et dans la bouche.

 

Elle a le sourire. C’est l’essentiel.

 

Pendant qu’il n’y a pas de contractions, Margaux m’explique ce qu’il va falloir faire lorsque la tête du bébé sera à la vulve.

 

Exercer une pression… attention au périnée… déchirure… asynclitisme… prendre son temps…

 

« Il y a une autre contraction »

 

Cette fois-ci c’était la patiente qui l’avait ressentie. Signe que son bébé était bien descendu et appuyait bien dans les fesses.

 

« On fait comme tout à l’heure. C’était très bien »

 

Et cette fois-ci je prends mon rôle très à cœur. Je l’accompagne dans ses poussées. Avec des gestes. Des paroles. Des expressions. Je la corrige quand cela ne va pas. Mais surtout. Je la félicite.

 

J’essaye de sourire au maximum pendant que je parle à la patiente pour qu’elle le voit malgré mon masque canard.

Cette période est très difficile pour nous. Les mamans. Les papas. Tout le corps médical. Notre métier passe énormément par le non-verbal. Les rictus. L’étonnement. La surprise. L’émerveillement. L’admiration. L’amusement. Le masque est une barrière physique, certes pour nous protéger et protéger les autres. Mais c’est aussi une barrière dans le relationnel. Dans la connexion que l’on peut avoir avec la patiente. Connexion qui m’a convaincue de faire ce métier.

 

La patiente a poussé 3 fois sur la contraction. Comme la première fois.

 

Une mèche de cheveux est dehors.

 

Je profite toujours de ce moment pour proposer aux mamans de toucher la tête de leur bébé. C’est un moment magique je trouve. La première fois qu’elles touchent leur bébé ! Alors qu’il n’est pas encore sorti. Certaines sont réticentes ce que je respecte profondément. Ce n’est pas toujours facile à imaginer et cela peut paraître très étrange.

 

La maman a d’abord une réaction de confusion. Partagée entre le dégout et la découverte d’une nouvelle sensation. Elle tourne ensuite la tête vers l’homme qui l’épaule depuis le début. Il lui lance un regard comme pour se dédouaner de cette responsabilité. Et il a raison ! Chacun a un rapport à son corps différent. C’est sa décision. Son envie.

 

La parturiente (c’est-à-dire, femme en train d’accoucher) ne met pas longtemps à avancer son bras. Elle tâtonne. Elle appréhende.

 

Mais lorsqu’elle touche cette mèche de cheveux, un sourire rempli d’émotion magnifie son visage. Elle laisse échapper un rire nerveux qui résonne encore dans ma tête.

 

Cette émotion redonne du courage pour la maman. Elle la motive comme ce n’est pas permis. Elle se rend compte que son bébé est là ! Qu’elle est vraiment là ! Tout prêt.

 

Le cœur du bébé. On ne le capte plus.

 

La sage-femme replace le capteur. À plusieurs reprises. Il est là. Mais il est faible.

 

80 battements par minute. C’est trop peu. Habituellement entre 110 et 160 bpm.

 

« À la prochaine contraction, il faudra pousser de toutes vos forces, parce que votre petite n’aime pas trop la descente dans le bassin »

 

Le rire de la patiente a laissé place à un regard affolé.

 

L’aide-soignante lui prend la main.

 

J’arrive à capter son regard.

 

« Vous allez y arriver. Vous êtes une championne »

 

Ses mots s’envolent de ma bouche et comme si la petite voulait rassurer tout le monde dans la pièce, les battements de son cœur se font beaucoup plus rapides.

 

100

112

134

152

 

Je lâche la pression que je m’étais mise sans même m’en rendre compte. Sans pour autant perdre ma vigilance et me laisser emporter par mes émotions. Toujours rester attentive à toutes éventualités.

 

Une autre contraction. Le cœur de la petite Adèle va toujours bien.

 

Je prends mon inspiration en même temps que la patiente. Elle bloque. Et pousse.

 

La tête avance. Elle avance très bien.

 

Margaux pose sa main sur le crâne chevelu. Je mets ma main par dessus la sienne.

 

« Non »

 

Ce mot retentit dans ma tête. Je regarde Margaux.

 

Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Je ne devais pas mettre mes mains ? Le bébé va bien, je pensais que je pouvais faire un accouchement à 4 mains avec la sage-femme pour voir les sensations… je pensais que…

 

« C’est toi qui fais »

 

Et elle enlève sa main, se plaçant dernière moi.

 

Wow !

 

Je ne m’attendais pas à ça ! Je commence à paniquer un peu car je n’y étais pas préparée. Pas du tout. C’était seulement ma deuxième garde ici et…

 

Oh STOP !

 

Je repense aux mots de Margaux. Exercer une pression… attention au périnée… déchirure… asynclitisme… prendre son temps…

 

Je mets donc mes mains comme elle les avait mises. Je sens cette force. Et c’est vraiment puissant. On sent cette pression et cette ardeur. Cette rage que la maman y met ! On sent cette volonté et cette motivation.

 

Je retiens la petite tête d’Adèle.

 

« Attention au périnée »

 

Margaux me prévient tout en me tendant une compresse. Je les positionne comme il faut.

 

Le premier effort de poussée est passé. Elle va enchaîner sur le deuxième.

 

« Sur cette poussée, vous allez pousser doucement, ok ? »

 

Je jette un regard vers la sage-femme. Elle me répond par un hochement de tête.  J’avais dit ce qu’il fallait.

 

Bizarrement au vu de la situation, je me sentais bien. Et à ma place.

 

J’essayais de faire attention à tout ce que je pouvais. Le cœur du bébé. La position de la maman pour qu’elle soit le plus à l’aise possible. Mes gestes. Mes mots.

 

La tête sort petit à petit. Je maintiens le périnée.

 

La maman est formidable. On ne le dit jamais assez.

 

Je « chasse » le périnée comme on dit dans notre milieu pour aider à la sortie tout en la contrôlant.

 

« STOP »

 

La voix de Margaux et la mienne ne firent qu’une.

 

La tête était dehors. Je pose mes deux mains délicatement sur son cou.

 

« Poussez légèrement pour les épaules »

 

Margaux m’aide un peu à ce moment là, car c’est toujours un peu délicat.

 

L’épaule antérieure. C’est bon.

 

Puis l’épaule postérieure. C’est bon.

 

Vient le buste. C’est bon.

 

L’aide soignante injecte la seringus d’ocytocine que j’avais préparé minutieusement avant l’accouchement. 5 unités pour la délivrance. Délivrance dirigée.

 

Adèle n’est pas complètement sortie qu’elle pousse déjà un cri strident faisant retomber toute la tension. Ce stress permanent qu’on a même si tout se passe bien. Car comme je l’ai dit, on ne peut jamais prévoir ce qu’il peut arriver.

 

Mais ici, à ce moment précis, je ne sais pas pourquoi, envolé. Je crois que j’étais tellement excitée par la situation que je ne réalisais pas encore.

 

J’empaume Adèle sous les bras, qui avait a priori hâte de rencontrer ce petit monde.

 

Elle est encore recouverte d’une pellicule blanche au niveau des plis. Le vernix. Un antibactérien.

 

Et je la pose sur le ventre de sa mère.

 

20h22. Il s’en est passé des choses en 14 minutes.

 

Des larmes de joie traversent le visage de la maman. Du papa qui regarde sa fille avec amour. Qui regarde sa femme avec respect et admiration.

 

Et j’avoue que les larmes me sont montées aussi.

 

Mais ce n’est pas fini. Adèle est encore reliée à sa maman par le cordon ombilical.

 

J’attrape une compresse recouverte de désinfectant sur la table en stérile. Je la passe sur le cordon, près du nombril de ce petit nouveau-né.

 

Puis je prends un clamp. Je chasse le sang dans le cordon, car sinon de petites éclaboussures seront de mise au moment de le couper (ce qui n’est pas grave, cela n’a aucune conséquence pour le bébé si on ne le fait pas, c’est juste pour que les parents soient moins impressionnés).

 

Je place le clamp à 1 cm du nombril de la petite Adèle.

 

CLIC

 

C’est bon. Je prends une pince et je clampe à nouveau le cordon avec.

 

Puis, je m’empare d’un ciseau que je tends au papa.

 

« Vous voulez couper le cordon ? »

 

Le visage mouillé par les larmes, il accepte cette proposition sans hésiter. Il le coupe non sans émotion.

 

« C’est bizarre ahah, je ne me rappelais plus la sensation »

 

C’est vrai que quand j’ai coupé pour la première fois un cordon, ça m’avait fait tout drôle. C’est à la fois mou mais résistant. Un peu gluant.

Une fois coupé, je vérifie bien les vaisseaux présents. 1 veine et 2 artères. C’est bon.

 

Maintenant vient le moment de la délivrance.

 

20h25. On se laisse une marge de quinze minutes entre le moment de la naissance et la sortie du placenta.

 

Pendant ce temps, on félicite encore et encore les parents. Toujours aussi chamboulés. L’aide-soignante s’occupe de bébé. Elle le sèche. Le stimule.

 

Adèle est belle. Elle crie. Elle est toute rose. Elle respire bien. Elle est bien tonique. Et elle ouvre déjà ses yeux. Bleus. Découvrant le monde qui l’entoure.

 

Il n’a pas fallu deux minutes de plus pour que le placenta se décolle de la paroi de l’utérus.

 

Je tourne. Tourne. Tourne encore et encore. C’est pour que les membranes viennent toutes et qu’elles ne se déchirent pas au risque qu’il en reste dans l’utérus…

 

Je le dépose dans le bac. Le placenta est un organe magnifique de par sa complexité. Ses détails. Et son rôle primordial tout au long de la grossesse.

 

Il faut bien vérifier qu’il est entier. La plaque choriale avec le cordon. La plaque basale avec les cotylédons. Les membranes aussi.

 

Margaux regarde en même temps tout ce que je fais pour me rectifier, ou me dire comment elle a l’habitude de faire.

 

Tout est là.

 

La patiente a seulement une déchirure simple au niveau des grandes lèvres. C’est Margaux qui fait les points. Et je regarde bien comment elle s’y prend. J’avais fait mon premier point de suture hier à 3h du matin, non sans mal ahah.

 

Elle passe le fil là. Puis là. Fait un tour. Puis un autre. Tout en m’expliquant, elle a une agilité admirable.

 

Elle a fini. C’est bon. J’enlève mes gants stériles. C’est bon.

 

Je m’approche d’Adèle pour vérifier qu’elle va toujours aussi bien. Elle me regarde de ses grands yeux bleus. Elle porte son petit bracelet à la cheville. Son bonnet jaune en tissu.

 

« Je peux la prendre pour l’examiner ? On reste juste ici »

 

Tout en montrant la table à côté de la patiente.

 

Je glisse mes mains froides sur le petit corps d’Adèle qui me le fait savoir en laissant échapper un cri de mécontentement.

 

« Mwiii je sais que tu es mieux avec maman. Mais cela ne durera pas longtemps »

 

Le papa vient à côté de moi. Je vais pouvoir lui expliquer ce que je fais en même temps que je le dis à la sage-femme.

 

« Les fontanelles… les oreilles… le palais… les clavicules… 5 petits doigts… les tétons… le ventre… les organes génitaux externes… les hanches… les pouls fémoraux… 5 petits orteils… le dos… la fossette… le grasping… la marche automatique »

 

Ce réflexe archaïque qu’est la marche automatique m’a toujours fascinée. À peine sortie, du ventre, elle mime des pas lorsqu’on la tient à la verticale. Magique ! La nature est bien faite quand même.

 

« Tout est parfait »

 

Maintenant moment critique : la pesée. Car effectivement il y a toujours cette galette en jeu ! 2900 g, 3000 g, 3099 g, 3100 g, 3099 g.

 

3,099 kg

 

Maman avait gagné. Et papa avait gagné le droit de ramener une galette.

 

 

Je suis repartie de cette garde à 8h30 du matin, ravie. Le sourire aux lèvres. Mais exténuée par tout ce qu’il s’était passé.

 

Je suis allée voir les heureux parents 2 jours après en suites de couche.

 

La galette était coupée sur la table. Et je suis repartie avec une part.

 

__________________________________________________________________________________________________________________________________________________

J'espère que cela vous a plu et donné l'envie de faire ce métier ❤️

 

Juliette 

Edited by Jujunum
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@Jujunum coucou !

j'ai fait une petite pause pendant mes révisions pour lire ton témoignage, il était vraiment super beau et touchant :))

surtout le fait que tu l'aies raconté comme une histoire c'était passionnant !

(jespère que tu as eu la fève ???)

Edited by Tartiflemme
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  • Ancien RM
il y a 27 minutes, mielpops a dit :

je t'avoue que j'ai même eu les yeux humides

Cette phrase c'est la meilleure des récompenses, merci beaucoup pour ton retour qui me fait énormément plaisir ❤️

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